La fée lumière : un livre emblématique sur la disparition d’un monde

fée lumière

La fée lumière (Bob Solo, éditions du Yéti) raconte le combat d’un homme pour faire le deuil d’un amour brutalement disparue. Mais la réception bouleversée de cet ouvrage par les lecteurs montre que le livre de Bob Solo va bien au-delà du récit d’un drame personnel.

Ou du moins il est immédiatement associé par ses lecteurs à une somme de tragédies personnelles passées ou présentes, mais toujours en souffrance. Qui n’a jamais connu la douleur de la disparition d’un être cher ? Cette émotion débordante, cette assimilation exacerbée, cette quête de proximité avec l’auteur, se retrouvent dans pratiquement toutes les critiques du livre de Bob Solo :

« ………………..pause… le temps de retrouver le recul et écrire quelques mots étranglés par l’émotion et secoués par mon vécu, une amputation sans anesthésie de la meilleure partie de moi… Cher Bob… Les mots que je t’adresse sont ceux aussi que j’ai adressés à mon mari, avec lesquels je parle tous les jours. » (Diana Auzou, Babelio).

« L’auteur s’adresse parfois directement à toi, chère Sophie, amoureuse éternelle ! Il t’aime encore c’est certain, et avec lui nous aimons (et admirons) aussi ta bonté et ton caractère radieux » (Tandarica, Babelio).

Du drame individuel à la tragédie collective

Mais de la somme des déchirements individuels à la désolation d’un désastre collectif, il n’y a qu’un pas que Bob Solo lui-même franchit dans une interview au journal Le Dauphiné. Il y établit un parallèle entre le déni de la gravité de la maladie de sa compagne à ses débuts, puis le refus d’admettre sa mort, avec le déni et le refus d’admettre la gravité du dérèglement climatique.

« Ni la nier, ni la laisser prendre toute sa place. Il faut faire face, accepter cette réalité. »

De mots en pages fiévreusement parcourus, La fée lumière nous renvoie inconsciemment à la tragédie collective que nous vivons tous : l’agonie du monde dans lequel nous vivions jusqu’alors et le refus d’admettre sa disparition inéluctable, qu’aucun passe sanitaire, aucune addiction à des drogues géniques imposées par des dirigeants déments et des marchands sans foi ni loi, ne permettront d’éviter.

Au fil de son livre, nous sentons bien que Bob Solo est en passe de réussir à accomplir son deuil personnel. Non pas de rompre avec le souvenir de la disparue, mais d’accepter de vivre désormais sans elle, et même de reprendre ou d’entamer des activités restées en souffrance (l’enregistrement de chansons, par exemple). Nous autres, populations désemparées, en sommes bien loin. Puisse La fée lumière, ce livre si emblématique de notre époque, nous y aider.

LA FÉE LUMIÈRE
Bob Solo
récit

version papier – 172 pages, 12,99€
version numérique : 6,49€
A propos de Pierrick Tillet 4073 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.