Tordre le cou à un mythe : l’argent est un faux problème

Allez, c’est les vacances, le moment de laisser se reposer un peu mes méninges. Sauf impératif brûlant d’actualité, je vais laisser travailler les vôtres en vous offrant la réédition de quelques anciens billets qui justifient à mes yeux l’existence de ce blog. Commençons par cette série qui se propose de démolir quelques mythes miteux du vieux système en perdition. L’argent pour commencer…

S’il est un problème qui sous-tend tous les autres, c’est bien ce récurrent « manque de moyens » (financiers) invoqué en boucle à propos de tout et de n’importe quoi. Et si ce problème n’en était pas réellement un ? Si la valeur de l’argent n’existait que dans nos pauvres têtes meurtries ?

La fonction première de l’argent n’est pas d’être une richesse, mais un moyen, inventé par les humains, pour produire et faciliter l’échange des VRAIES richesses : les biens et les services nécessaires à nos besoins, le travail censé assurer leur production.

L’argent manque alors que les richesses abondent

L’argent ne peut être rare que si la quantité de biens et de services mise à la disposition de la collectivité est rare. Ou si les bras et les cerveaux manquent pour les produire.

Invoquer le « manque de moyens » quand les véritables richesses et les moyens de les produire abondent est une hérésie. Un crève-la-faim devant un champ regorgeant de patates n’est pas victime d’un « manque de moyens », mais d’un crime contre l’humanité.

Manque-t-on de bras pour remplir nos hôpitaux d’infirmières ? Manque-t-on de têtes bien remplies qu’ils faillent fermer tant de classes dans les écoles ? Non, nous manquons d’argent… clament ceux qui l’ont confisqué et le laissent croupir dans des bulles imbéciles (les paradis fiscaux).

Une arme de domination massive

Dans nos sociétés d’abondance, l’argent a une autre fonction que celle de produire et d’échanger biens et services : il est une arme de domination massive utilisée par quelques margoulins pour contrôler et asservir tous les autres. Et donner à ceux qui le monopolisent l’illusion de leur propre importance, de leur propre puissance.

Ce que l’argent perd en valeur d’échange, il le gagne en valeur « hiérarchique ». Est riche, important, puissant celui qui possède l’argent, même si celui-ci n’est plus qu’une simple ligne d’écriture sur un compte inutile. Ou ne sert qu’à des jeux de casinos stériles. Pourquoi croyez-vous qu’aujourd’hui, ceux qui détiennent le pouvoir tente de limiter l’accès à l’argent liquide, sinon de supprimer l’argent liquide lui-même. Eh bien parce ce que les billets de banques, les pièces de monnaie sont les seules unités monétaires qui gardent une valeur en dehors du contrôle de leurs banques.

La valeur de l’argent tient au pouvoir qu’il confère à ceux qui le détiennent, sur ceux qui en sont privés ou doivent l’emprunter (ce crédit qui soumet le débiteur à son créancier). Dans un monde d’abondance, l’argent n’est rare que par décision politique.

Seule une révolution des esprits cassera la dictature de l’argent

Que l’argent ait une valeur aux yeux de ceux qui le possèdent, soit. Mais quid des autres, la grande masse qui en est sevrée ? Quid du crève-la-faim en souffrance devant ce champ de patates rempli ? Quid de ces hôpitaux et de ces écoles dépouillés quand tant de bras et de têtes bien pleines végètent à Pôle emploi ?

En réalité, la confiance accordée à cet argent confisqué relève de la soumission de tous aux règles édictées par ces quelques-uns qui les tiennent sous leur joug. Une sorte de variante du syndrome de Stockholm désignant la sourde empathie des dominés à l’égard de leurs dominants. Doublée d’une irrésistible envie d’être adoubé par la bande.

La véritable révolution à mener est une révolution des esprits. Elle interviendra quand nous parviendrons à briser nos carcans mentaux, nos aliénations culturelles à propos de l’argent.

Série << Tordre le cou à un mythe >>

  1. L’argent
  2. La dette
  3. Le travail
  4. La croissance
  5. La compétitivité
  6. Le protectionnisme

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Un "voyageur à domicile" en quête du monde d'après.

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