Guerre en Ukraine : un Occident impuissant, affolé, désarçonné

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne de Bruxelles, annonce unilatéralement, sans consultation des pays de l'UE, l'interdiction prochaine des médias RT France et Sputnik.

En attendant de gagner sa guerre sur le terrain ukrainien, la Russie aura déjà remporté une victoire : semer la confusion et l’affolement du camp rival occidental. En témoignent les réactions et décisions précipitées, contradictoires, contre-productives, prises par ce dernier face au coup de force poutinien. Quelques exemples à suivre de ce désarroi occidental généralisé :

  • Annonce d’envoi d’argent et d’armes à un régime ukrainien en déroute : d’une part, cela montre un refus buté, limite puéril, de voir engager des pourparlers de paix, quitte à sacrifier la population du pays qu’on prétend soutenir ; d’autre part, parce qu’on qu’on se demande comment, et à qui les Occidentaux vont faire parvenir ces armements alors que les infrastructures politiques et militaires de l’Ukraine sont en voie de pulvérisation ; mais il est vrai que l’Occident est coutumier d’aider des forces défaillantes (les “islamistes modérés” en Syrie).
  • Sanctions inopérantes à effet boomerang : non seulement ces sanctions (financières ou économiques) vont être inopérantes contre un pays qui s’en est depuis longtemps prémuni et qui vit en autarcie tant alimentaire (blé) qu’énergétique (gaz, pétrole) ; mais elles se retournent déjà contre les “sanctionneurs” à travers des hausses considérables des prix du blé et de l’énergie dont ils ont un impératif besoin.
  • Diffusion inconsidéré de fake news grossières : on en finirait pas de lister le nombre de fake news répandues par le régime ukrainien en trois jours de conflit ; c’est “de bonne guerre”, dira-t-on, sauf que celles-ci, si grossières, si aisément démontables, témoignent surtout du désarroi du camp qui les produit ou les relaie.
Cette vidéo, présentée par le média allemand Bild comme un bombardement de Kiev par l’aviation russe, provient en fait d’un film montrant une explosion chimique survenue en 2015 à Tianjin, Chine.
  • Annonce d’interdiction de médias soupçonnés d’alignement sur Moscou : l’annonce unilatérale par la présidente de la commission européenne de l’interdiction prochaine des médias Russia Today et Sputnik, sans la moindre concertation avec les pays membres de l’UE, donc en toute illégalité, est une autre illustration d’une crispation plus nerveuse que raisonnée.
  • Des manifestations de protestation stériles : si une manifestation peut obtenir – et encore —> cf. les Gilets jaunes – un résultat positif à l’intérieur d’un territoire donné, elle est parfaitement oisive quand elle vise une autorité étrangère ; ces pulsions émotionnelles n’ont évidemment pas la moindre chance d’ébranler la volonté d’un Poutine et valent aveu d’impuissance ; de fait, on a guère vu se précipiter ces “brigades internationales” appelées à la rescousse par le président Zelenski ; les foules occidentales, désormais, se précipitent plus spontanément dans des vaccinodromes par peur d’un virus que sur le terrain des luttes armées pour y défendre une cause politique.
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