Grève : la France insoumise marque le second point

Grève : la France insoumise marque le second point

Si le président Macron avait pu paraître marquer le premier point en octobre dernier, la France insoumise vient manifestement de s’adjuger le second dès le début du mouvement de grève des cheminots.

J’appelle ici France insoumise, non seulement le mouvement du même nom, mais aussi tous ces citoyens français – cheminots, étudiants, personnels hospitaliers, éboueurs… – qui, le 3 avril, se sont enfin massivement soulevés contre la politique de régression sociale menée par le gouvernement.

Si l’on ne devait retenir qu’un signe de l’ascendant pris dès ce jour-là par les insoumis de toutes obédiences, syndiqués ou non, sur le pouvoir, ce serait la panique manifestée d’évidence par les médias de l’oligarchie, au point de leur faire faire n’importe quoi.

Médias en panique : des “usagers en colère” aux fake news grossières

Ceux-ci, recroquevillés dans leur forteresse assiégée, ne trouvèrent comme d’habitude rien de mieux à faire que d’en appeler frénétiquement au soutien des “usagers en colère”. Autant dire ceux qui n’ont absolument aucune espèce d’influence quand la démocratie descend dans la rue, sinon à glapir leurs rancœurs devant des micros complaisants… et à renforcer la détermination de ceux qu’ils insultent.

Mais la panique des médias de l’oligarchie en ce 3 avril fut telle qu’ils ne se contentèrent pas de ce réflexe de défense archi-rebattu. Ils firent pire : ils se ridiculisèrent en balançant des fausses nouvelles si grossières et stupides qu’elles furent aussitôt démontées et moquées.

À la manœuvre, l’AFP et BFMTV qui inventèrent proprement une prétendue« exfiltration »  de Jean-Luc Mélenchon hors de la manifestation parisienne pour cause d’insultes de la part de manifestants. Si Mélenchon essuya bien quelques mots d’oiseaux de la part d’incontournables anars « ni Dieu-ni maître-ni Mélenchon » – la routine – celui-ci, plutôt bien accueilli par les rangs syndicaux, ne fut en rien « poussé dehors », mais quitta le cortège à la régulière pour participer, avec les autres députés insoumis, à la séance des questions au gouvernement prévue à l’Assemblée nationale à 15 heures.

Ce second point incontestablement en train d’être gagné par la France insoumise mérite bien sûr d’être concrétisé dans les jours viennent et selon le calendrier des jours de grève établi par les syndicats. Mais les premiers mouvements de convergence des différentes luttes en cours — celles des cheminots avec les étudiants dans plusieurs grandes villes, celle des cheminots avec les grévistes de Carrefour à Lille – ne peuvent qu’attiser la fébrilité du pouvoir et de ses médias. C’est exactement que que l’on pouvait constater en cette matinée du 4 avril.

Partager ce billet

Un "voyageur à domicile" en quête du monde d'après.