Grèce : un nouveau plan d’austérité et des souffrances pour rien

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Place Syntagma, 29/06/2011

Pendant que la rue se déchaînait, le Parlement grec sous majorité “socialiste”, a adopté le nouveau plan budgétaire pluri-annuel d’austérité imposé par la troïka infernale : Union européenne (UE), Fond monétaire international (FMI), Banque centrale européenne (BCE).


Le motif invoqué : éviter la faillite du pays, la désintégration de l’UE et la contamination systémique à l’ensemble de la planète.

Le résultat attendu : une “aide” européennes de quelques 110 milliards d’euros, une bouffée d’air pour les banques privées et la BCE à l’agonie… plus un report artificiel de l’incontournable échéance finale.

Un emplâtre sur une jambe de bois pourrie

Parce qu’évidemment, tout cela ne servira à rien, un emplâtre sur une jambe de bois pourrie, un cachet d’aspirine administré contre un cancer généralisé.

Pourquoi ?

  • parce que ces mesures, comme celles du précédent plan de “sauvetage”, achèveront de mettre à sac ce qui reste d’économie grecque ;

  • parce que cette “aide” va être au préalable empruntée par les pays salvateurs, ce qui grèvera un peu plus leurs dettes publiques à eux, déjà largement dans le collimateur des agences de notation et du FMI ;

  • parce que dans quelques mois, la Grèce ne sera pas plus en mesure de rembourser cette “aide” (à 5%) que les autres ;

  • parce que les cris de rage des Grecs ne peuvent couvrir totalement les gémissements de plus en plus douloureux des Irlandais, des Portugais, des Espagnols, des Italiens…

Des sacrifices inutiles liés à un sauve-qui-peut incontrôlé

Les sacrifices supplémentaires imposés à une population grecque à bout de force et de patience ne servent évidemment à rien, sinon à rajouter à la souffrance et à l’humiliation nationale.

Tout juste sont-ils l’expression d’un sauve-qui-peut précipité, pathétique, d’une panique incontrôlée où les plus forts piétinent les plus faibles… avant d’être précipités dans les flots.

Je ne sais pas, moi, je serais un ministre ou un député grec “socialiste”, j’éviterais de me balader tout seul dans les rues ! Parce que peu à peu, l’engrenage de la violence ne peut se faire que plus désespérée, plus exacerbée. Et la coupure entre le pays et ses élus atteindre manifestement des sommets.

Mais je ne suis pas grec, ni député, ni ministre, ni même futur présidentiable. Je me contenterai donc de demander aux favoris des sondages, Mme Aubry par exemple, des garanties sur la position qu’adopteront les socialistes français, une fois arrivés au pouvoir, lorsque la tourmente atteindra la France.

[Post-scriptum : pendant ce temps-là, aux États-Unis d’Amérique, le président Obama “yes-we-can” tenait une conférence de presse pour expliquer à ses compatriotes aussi rincés que des Grecs, l’urgence d’un plan de sauvetage du pays menacé par une mise en défaut de paiement dès le 2 août de cette année. Tic-tac, tic-tac, tic-tac…]

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.

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