Grand Corps Malade, mon ami châtaigne, mon copain funambule

Grand Corps Malade, funambuleAh, celui-là, je l’aime, je l’aime absolument. À chaque fois que je l’entends, il me surprend et me bouleverse. Je vous écris ce billet en écoutant son dernier album en boucle, “Funambule”. Lui, le funambule à béquille, c’est Grand Corps Malade.

Ne comptez pas sur moi pour affecter ici une quelconque distance critique. Distinguer le mieux de l’aléatoire, le sublime du plus moyen. Grand Corps Malade est au-dessus de ça. Chez lui, y a rien à jeter, tout est à prendre en l’état. Sans mégoter sur le trop maigre ou sur le gras.

Avec ses mots entiers, sa façon de jouer en funambule lumineux sur le fil de chacun d’eux. De parler si simple que ses mots appartiennent aussitôt à ceux qui les écoutent. Tous ses mots sont pour ses proches. D’ailleurs, tiens, les citations que je lui pique, je ne les mets même pas entre guillemets.

Eh, tonton, on va faire comment ?

“Funambule”, c’est une nouvelle traversée palpitante jusqu’au bout d’un trop long tunnel, un tour de manège pour ce qui reste de mômes en nous, une course contre la honte, une pause dans la grisaille d’un monde qui échappe à notre contrôle, une ode aux cinq sens et à l’amour perpétué, main douce qui vous interpelle, un théâtre de mots à vous enivrer.

Des mots dans tous les sens, à l’envers à l’effervescence, des mots sympas ou en colère, des mots bien droits ou en galère.

Dans cet album, la couleur sonore, envoutante, est donnée par Ibrahim Maalouf, sans doute le musicien le plus passionnant du moment, auteur du somptueux “Beirut”, qui signe des arrangements avec la pudeur de ne pas tirer la couverture à lui.

Et puis il y a les potes de passage, qui sont aussitôt les nôtres, Sandra Nkaké la camerounaise, Francis Cabrel d’Astaffort, Richard Bohringer (ah, putain, le slameur qu’il aurait fait, celui-là !).

Crouitch, crouitch, le disque est fini. Je le remets au début. Écoutez…

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.