Gilets jaunes : un beau bordel, une vraie respiration démocratique

Gilets jaunes : un beau bordel, une vraie respiration démocratique

Gilets Jaunes, contestation diverses, revendications multiples, remise en cause des institutions, du pouvoir en place, de l’ordre établi, rejet marqué des structures existantes, publiques ou privées, des “corps intermédiaires”, discrédit frappant les élites, les élus, les dirigeants, les représentants, les porte-parole, les intellectuels, les experts, méfiance, défiance, et pour tout dire sentiment d’un ras-le-bol général. Tout ça prend peut-être l’aspect d’un beau bordel mais représente une vraie respiration démocratique.

Pas facile d’avoir une vue d’ensemble sur les évènements politiques et sociaux récents qui permettrait pourtant de tirer pas mal de conclusions. Par exemple, que nous ne semblons pas en mesure aujourd’hui d’imaginer collectivement, et je ne parle même pas de l’accepter et encore moins de la construire, simplement d’imaginer une société réellement nouvelle. Ça paraitra évident à certains, pas à d’autres, mais le fait même qu’on ne soit pas d’accord avec cette affirmation renforce aussitôt son énoncé.

Puisqu’en ce moment “ça respire”, et bien profitons-en, laissons respirer.

Qu’on le veuille ou non les antagonismes de classe subsistent, les vues et les intérêts divergent, c’est criant. Tant mieux, c’est ça aussi, la démocratie. Mais il faut pourtant bien se mettre d’accord sur un certain nombre de choses pour “faire société”.

Il faut déjà espérer qu’on soit en très grande majorité d’accord au moins sur ça : l’envie de vivre en démocratie. Ce n’est pas si évident. L’Histoire est pleine d’exemples de peuples qui se choisissent un tyran pour tenter de sortir de crises profondes. De plus, en ce moment, on a l’impression que certains veulent bien consentir à la démocratie uniquement avec la garantie que “le peuple” va se comporter comme ils le souhaitent.

On n’est sans doute pas à la veille de faire table rase de l’existant. Ne serait-ce parce qu’on serait bien incapable d’y mettre quelque chose de réfléchi et de viable à la place. Ce qui n’est pas un drame non plus : puisqu’en ce moment “ça respire”, et bien profitons-en, laissons respirer. Ouvrons des portes et brassons des idées. C’est un grand moment d’éducation populaire.

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Autodidacte en tout, café-théâtre, chanson française (auteur-compositeur-interprète), sculpture, photo, écriture, et même agriculture, en rupture de ban avec "le système", je me cantonne désormais à produire de la pensée et de l'émotion. Je n'attends pas de jours meilleurs (ils seront pires) mais j'en fabrique comme je peux...