Gilets jaunes : la très mauvaise idée d’élections législatives anticipées

Gilets jaunes : la très mauvaise idée d’élections législatives anticipées

Suite aux soulèvements des Gilets jaunes, deux leaders d’opposition, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, demandent la dissolution de l’Assemblée nationale et la tenue d’élections législatives anticipées. Une très mauvaise idée.

  • D’abord, parce qu’aucun des deux n’a demandé l’avis des Gilets jaunes ;
  • ensuite, parce que ces élections anticipées se dérouleraient dans le cadre complètement vérolé des institutions de la 5e République auxquelles un tel scrutin sauveait la mise en éteignant le feu en jaune ;
  • enfin, parce que ce que demandent d’abord les Gilets jaunes, ce n’est pas la dissolution de l’Assemblée, mais le départ d’Emmanuel Macron et le changement des institutions politiques du pays (cf. les 42 points de leur programme).

À quoi est due la révolte des Gilets jaunes ? À l’impasse politique et sociale dans laquelle nous ont conduits, depuis presque quinze années, les institutions asphyxiantes de la 5e République, aux élections successives, sous tutelle de forces d’argent corruptrices et de médias corrompus, de présidents indignes d’occuper cette fonction : Nicolas Sarkozy, petit truand de médiocre envergure ; François Hollande, imbécile carabiné ; Emmanuel Macron, vulgaire commercial immature des banques Rothschild and co.

C’est aux Gilets jaunes et à eux seuls de décider dans quel cadre doit s’opérer la refondation politique du pays

C’est contre ce système caduc et pervers que se sont dressés les Gilets jaunes.

Aujourd’hui, ce sont eux, les Gilets jaunes, fort du soutien d’une grande majorité de la population, qui tiennent le haut du pavé politique. La rue a pris le pas sur le verdict défaillant des urnes. C’est donc aux Gilets jaunes et à eux seuls, forts de la révolution qu’ils sont en train de mener, de décider dans quel cadre doit s’opérer la refondation politique du pays.

Leur imposer une pseudo refondation politique dans le strict cadre des institutions de la 5e République, ou un référendum verrouillé sur la seule hausse de la fiscalité écologique comme le réclame Laurent Wauquiez (LR), c’est un peu comme si l’on confiait aux vieilles institutions syndicales épuisées comme la CGT, la CFDT ou FO de reprendre le flambeau de la reconquête sociale. La décision du président de la République (ou ce qu’il en reste !) de demander à son premier ministre de recevoir les chefs de partis représentés au Parlement et les représentants des Gilets jaunes, ressort de la même tentative sournoise de récupérer le mouvement.

Je ne me prononcerai pas sur la forme que doit revêtir la refondation politique de notre pays. Encore une fois, c’est à l’ensemble des Gilets jaunes d’en décider collectivement la forme et le fond dans les jours et les semaines qui viennent.

Mais en ce qui me concerne, il est hors de question de participer désormais à une consultation électorale organisée dans le cadre pourri des institutions de la 5e République, surtout avec le président Macron toujours à sa tête.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation, mais qui n'attend pas "le monde d'après" pour commencer à vivre.