Gilets jaunes : comment se débarrasser du cancer Macron ?

Gilets jaunes : comment se débarrasser du cancer Macron ?

Passage en revue de diverses possibilités pour extirper le cancer Macron, lointain cousin du cancer de l’assistanat. Sauras-tu faire un choix éclairé et débarrassé de tout affect ?

Macron démissionne. C’est une demande pressante qui fait l’unanimité des Gilets jaunes. Suit une nouvelle élection présidentielle à laquelle Macron peut se présenter. En bons démocrates que nous sommes, nous ne l’en empêcherons pas. On lui souhaite bonne chance… On peut bien sûr imaginer aussi la dissolution de la Ve République comme mon camarade de blogue. Et le passage à la VIe. Ou à quelque chose de neuf comme les Gilets jaunes de Commercy.

Macron dissout l’Assemblée nationale. C’est la solution préconisée par certains fins connaisseurs de la vie institutionnelle de notre pays. Suivent de nouvelles élections législatives auxquelles peuvent bien sûr se représenter tous les députés En Marche. On leur souhaite bonne chance itou… Mais, avec ces soins palliatifs, la crainte est forte de ne jamais guérir le moribond.

Macron fait plancher des conseillers. On en a trouvé deux qui ont bien rigolé en clavardant :

C’est bien, un moratoire. Ça laisse le temps à un « comité de concertation » de se réunir et de proposer des « lignes directrices » dans le cadre d’un « rapport d’étape prospectif » qui pourrait configurer les modalités d’une « réorientation stratégique ». (Coralie Delaume)

Ne soyons pas pessimistes : si un authentique diagnostic partagé est produit, on pourra se doter d’une feuille de route implémentant des solutions innovantes, respectant les spécificités et exigences propres de chacun des échelons concernés. (Le Stagirite)

Macron fait appel aux syndicats. Laurent Berger (CFDT) a déjà fait savoir qu’il est « disponible ». Les conseillers de l’Élysée devraient vite, sans trop se fatiguer, lui trouver des complices. Laurent Berger proposerait l’ouverture d’un « grand débat sur l’impôt et sur la dépense publique ». Il saluerait la « volonté de discussion » qui devrait « permettre une forme d’apaisement » mais attention ! « Il faudra de vraies marges de manœuvre pour des résultats concrets pour les citoyens. » C’est ab-so-lu-ment central.

Macron réajuste son programme. Il rétablit l’ISF, en finit avec CICE, flat tax, niches fiscales et exemptions d’impôts. Il embauche trois mille contrôleurs des impôts chargés de faire rentrer, avec l’aide diligente et frappante des CRS [qui deviennent Centres de Recouvrement de nos Sous], les cent milliards volés au fisc chaque année par les riches. Il augmente le Smic de trois-cents euros, pour commencer, et augmente tous les petits revenus à hauteur du Smic. Pour commencer. Il passe aux 28 ou 24 heures hebdomadaires pour créer fissa des millions d’emplois. Il isole cinq-cent-mille logements anciens par an et construit cinq-cent-mille logements neufs par an. Il recrute vingt mille infirmières et cinquante mille aides-soignantes. Avec encore quatre-cinq autres mesures de cette farine, comme le retour à la retraite à 60 ans et les transports publics gratuits et l’interdiction des pesticides, tout le monde rentre bien sagement à la maison pour profiter des fêtes de Noël.

Macron augmente de 30% les salaires de la police et de l’armée. Après huit-cents ou deux-mille morts, quelques dizaines de milliers de blessés et cent-mille opposants embastillés, il peut enfin abolir le Smic, abolir la Sécurité sociale et la retraite des vieux, fermer les hôpitaux et maternités et postes et casernes de pompiers, vendre les HLM par clusters aux zinvestisseurs zétrangers, transformer les collectivités territoriales en S.A.S. [société par action simplifiée], licencier un ou deux millions de fonctionnaires et baisser d’un tiers le budget de l’État. Il rétablit le travail obligatoire et gratuit à vie pour cause de dettes. Il se fait sacrer roi de France à la Bourse de Paris et empereur des Français à Wall Street.

Macron est prématurément soustrait à notre détestation. Le rasoir, le sabre d’abordage ou la dague. Le calibre à bison, le plomb de quinze ou les chevrotines. Le mortier artisanal, la grenade ou le lance-flamme. La guillotine, le gibet ou la chaise électrique. Un lynchage collectif, l’œuvre d’un promeneur solitaire ou de flics en service… Sur les ronds-points, dans le cœur de chaque gilet jaune, ce paragraphe fait une rude concurrence au premier. « Entre les deux mon cœur balance / Je ne sais pas lequel aimer des deux » reprennent en chœur les Gilets jaunes pour se réchauffer.


« On avait de la flotte jusqu’au cou / Et ce vieux con a dit d’avancer. » Te souviens-tu de cette chanson pacifiste adaptée en français par Graeme Allwright ? “Waist Deep in the Big Muddy” est une chouette chanson de Pete Seeger chantée ici par David Summerford. Trois dulcimers des Appalaches et une contrebasse pour quatre minutes de bonheur.

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Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.