France insoumise : l’implantation locale pour contourner le bashing médiatique

France insoumise : l’implantation locale pour contourner le bashing médiatique

L’astuce de la France insoumise pour contourner le bashing médiatique à son encontre : l’implantation locale avec groupes d’appui et caravanes.

Il n’y a pas trente-six manières pour un mouvement politique de s’enraciner dans l’opinion : si vous ne disposez pas d’un relais médiatique complaisant (Macron), et que vous êtes même plutôt victime du contraire, rien de tel qu’une stratégie d’implantation au plus près du terrain.

Et ça marche ! La FI recense aujourd’hui plus de 5000 groupes d’appuis répartis sur tout le territoire français. Chacun d’entre eux est constitué d’une petite poignée de militants, souvent néophytes en politique, mais très actifs dans leurs quartiers.

Carte des groupes d'appui FI
Carte des groupes d’appui FI (cliquez sur la carte pour découvrir le vôtre… ou le créer !)

Combattre notre principal adversaire : la résignation

Leïla Chaibi
Leïla Chaibi

Pour Leïla Chaibi, candidate FI aux législatives 2017 dans la 10e circonscription de Paris, la stratégie des groupes d’appui est “un axe stratégique majeur de la France insoumise pour les mois et années qui viennent”.

“L’heure est avant tout au combat contre notre principal adversaire : la résignation.”

La grande originalité des groupes d’appui de la FI est précisément de refuser la démarche militante traditionnelle. “La connerie qu’on pourrait faire, explique Leïla Chaibi, c’est transformer les gens en militants en leur apprenant juste à rédiger un tract.” Pas question donc d’aller répandre la bonne parole auprès d’une population supposée ignare, mais d’aller à la rencontre des gens dans les quartiers populaires, de les laisser exposer leurs doléances et de définir et d’orienter ensemble les actions à mener.

Bastien Lachaud
Bastien Lachaud

Le journaliste de Mediapart, Manuel Jardinaud, cite l’exemple éclairant d’Aubervilliers où un groupe d’appui, appuyé par le nouveau député FI Bastien Lachaud, pourrait bien être en passe de faire céder Veolia sur un problème de factures d’eau surévaluées.

La caravane insoumise passe… et prend le temps de s’arrêter

À côté des groupes d’appui, les caravanes insoumises sillonnent ponctuellement la France. La dernière, rapporte Manuel Jardinaud, tentait, “en trois semaines, 32 étapes et deux parcours (un à l’est, un à l’ouest)”, d’expliquer le contenu de la future loi Travail 2 et de mobiliser pour la grande manifestation du 23 septembre prochain. La caravane insoumise passe… mais prend aussi le temps de s’arrêter !

Mathilde Panot
Mathilde Panot

Mathilde Panot, députée FI et initiatrice de ces caravanes en 2016 :

“Ces caravanes, c’est vraiment la première étape de la France insoumise sur le terrain, même si certains militants, plus aguerris, peuvent nous dire que ce n’est pas de la politique. Nous devons partir du terrain, travailler des sujets qui ne sont pas perçus comme importants pour améliorer le quotidien des gens.”

À l’inverse de ceux qui relaient sans moufter les instructions venues de Bruxelles (Macron), les groupes d’appui et les caravanes insoumises — animés, comme on le constate, sur les photos ci-contre, par de très jeunes gens et non plus par les éternels vieux grognards fatigués de la politique — proposent de placer les citoyens au cœur de leur projet politique… pour peu bien sûr que ceux-ci y mettent du leur.

Alors, aspirant citoyen un peu découragé tout seul dans ton coin, te voilà prévenu : sois sympa (et malin), bouge ton cul et rejoins ta bande. Tu n’as plus grand chose à perdre et tout à y gagner  😉

=> La carte des événements et des groupes d’appui de la France insoumise

=> Sources : page Facebook de Leïla Chaibi et Mediapart

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>