Révoltes populaires : la colère des syndiqués de base

Révoltes populaires : la colère des syndiqués de base

Un signe fort de l’intensité des révoltes populaires, c’est quand la base déborde les directions syndicales. Après FO, au tour de la CGT.

Le 29 septembre, le Comité national fédéral de Force ouvrière a désavoué son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, coupable – et c’est un euphémisme ! – de complaisances douteuses à l’égard des ordonnances Macron sur la nouvelle loi Travail.

Aujourd’hui, c’est au tour de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, d’être accusé pour son manque de combativité face aux mesures gouvernementales par plusieurs fédérations de son syndicat. Mickaël Wamen, figure éminente des Goodyear, est à la pointe de la mutinerie :

“La stratégie est mauvaise et délibérée … et le 12 on retourne voir Macron, mais pour quel but ? Ce n’est pas terminé, il va falloir que toutes celles et tous ceux qui composent la CGT viennent dire ce qu’ils pensent et organiser les conditions d’une unité en interne… Nous sommes aujourd’hui à un virage de notre histoire, les mandats pour retourner discuter viennent d’où ? Qui décide de multiplier les appels par secteurs et corporations ? Rien n’est lié au hasard, nous savons toutes et tous que la stratégie actuelle nous mène à la catastrophe…”

Toutes les grandes avancées sociales sont nées de la base

Mickaël Wamen a sans doute le sang chaud, mais cette révolte de la base syndicale est plutôt encourageante. Car jamais insurrection syndicale ne vint de sa direction nationale, pas plus en 1936 qu’en 1968 ou qu’aujourd’hui.

Les directions des centrales syndicales n’ont jamais servies à rien d’autre que de canaliser la colère populaire, en évitant bien que celle-ci déborde. Cela tient à la nature même de leurs structures qu’il convient de songer à pérenniser avant même que d’exprimer les revendications de la base. De fait, les directions nationales des confédérations syndicales, qui appartiennent au système, servent la plupart du temps de soupapes de sécurité à celui-ci, chargées d’évacuer les trop-pleins de furie de leurs adhérents pour que tout rentre dans l’ordre, moyennant au mieux quelques vagues os à ronger pour calmer les troupes.

Et de fait encore, c’est lorsque cette furie de la base ne fut plus contenue que s’obtinrent les grandes avancées sociales de l’Histoire. Voilà pourquoi la révolte des adhérents de FO et le coup de gueule des fédérations CGT contre leur direction nationale ont aujourd’hui quelque chose de fort rafraichissant.

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>