La fête à Macron (2) : pour un dessein qui nous grandisse

La fête à Macron (2) : pour un dessein qui nous grandisse

Pourquoi participer à #LaFêteÀMacron le samedi 5 mai ? Que chacune témoigne ! Que chacun s’exprime sur son réseau ! Que cette manif ait mille visages et mille raisons !

Dans sa chanson Mais elle restait chez elle (Elle disait) Tom Novembre brosse en quelques phrases courtes un petit portrait impressionniste.

« Elle voulait tout quitter / Sans un mot tout laisser / Derrière elle pour changer / Partir près du soleil / Et loin des gens du nord / Loin des cités grisaille / Sortir du corridor. »

Petite vie étriquée. Absence d’espoir. Absence de sens. Absence d’un dessein qui nous dépasserait. Mais aussi incapacité à dire ce besoin. Alors trouver des expédients, le départ et le soleil. Les pauvres mots de Tom Novembre sont bien faibles, eux aussi, pour dire l’immensité de ce vide.

La gauche est moribonde

La gauche [partis et syndicats ouvriers comme écologistes] est moribonde faute de s’être (re)mise à réfléchir sérieusement sur cette absence de sens que la société s’obstine à nous proposer, sur ce vide intersidéral désespérant, sur la fuite dans la consommation comme drogue dure à accoutumance, sur la fuite dans des comportements ostentatoires aussi dénués de fond qu’une mode vestimentaire.

La gauche est moribonde faute de s’être (re)mise à proposer plus enthousiasmant que l’augmentation du pouvoir d’achat. Et pourtant tu sais que je côtoie bien des gens vivant sous le seuil de pauvreté. Mais la pauvreté du sens est une pauvreté aussi vertigineuse que celle de ces œuvres d’art épuisées au premier regard malgré un discours accompagnateur ronflant.

La gauche est moribonde faute de s’être (re)mise à proposer une place digne pour chaque enfant de notre petit pays, pour chaque enfant de notre petite planète.

Le mouvement ouvrier, le mouvement écologique devraient réfléchir sérieusement à cette absence de sens que la société nous propose. Le mouvement ouvrier, le mouvement écologique devraient proposer de grands desseins enthousiasmants qui nous grandissent. On ne peut pourtant pas dire qu’il n’y ait rien à faire entre la catastrophe écologique globale qui arrive au pas de charge et la formidable régression sociale que nous vivons ! Mais la gauche sans imagination est moribonde d’avoir été aussi nulle que la droite à se contenter de bidouillages minables.

L’affaissement moral de nos élites

L’affaissement moral de nos élites. Incapables d’être à la hauteur des enjeux. À l’image du pétainisme en 1940. Hier l’abominable « statut des Juifs ». Aujourd’hui la chasse aux Musulmanes à foulard. La chasse aux Rroms. La chasse aux migrants. La chasse aux étrangers. La chasse aux pauvres. La chasse aux miséreux. La chasse aux zadistes. La chasse à ceux qui relèvent la tête. Et la gauche n’a pas été à la hauteur du refus frontal qu’elle aurait dû opposer quand elle n’a pas voté la loi pétainiste pour pourchasser les Juifs, pardon, les Musulmanes.

L’affaissement moral de nos élites. Qui tordent la bouche quand la Confédération paysanne démonte un MacDo. Qui tordent la bouche quand des zadistes occupent un site pour empêcher sa destruction. Qui tordent la bouche quand Sea Sepherd sabote des bateaux baleiniers pour sauver des baleines.

L’affaissement moral de feu la gauche. Morte de son incapacité à proposer la moindre idée un peu exaltante. Y’en a marre des compromis merdeux. Y’en a marre d’entendre parler d’économie.

Leur monde est un enfer

Leur monde est malade. Leur monde est, pour beaucoup d’êtres humains, un endroit épouvantable à l’image des camps de la mort connus à diverses époques et sous diverses latitudes. Dans cet enfer l’homme devient une bête sauvage tentant d’assurer sa survie.

Tu trouves que je pousse le bouchon un peu loin ? Va faire le ménage la nuit à l’Assemblée nationale ou le jour dans un hôtel ! Va travailler en intérim et mourir sur un chantier ! Va postuler à un emploi dans la restauration ! Va manger sur les trottoirs Porte de la Chapelle ! Va dormir dans le métro ou dans ta voiture ! Va passer un hiver dans les bois de Calais !

Faire la fête à Macron c’est enfin reprendre de la hauteur et sortir de l’enfer. Avoir de grands desseins. Pas bricoler des petits arrangements avec le diable ou ses kapos.

Faire la fête à Macron c’est rappeler Nikos Kazantzaki dans Alexis Zorba : « La seule façon de te sauver toi-même c’est de lutter pour sauver les autres. »

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Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.