Fakir ou les hommes ordinaires traités comme des dieux

Fakir ou les hommes ordinaires traités comme des dieux

Fakir, le numéro 87 daté de novembre 2018-janvier 2019, vient d’arriver dans ma boîte à lettres. Comme d’habitude c’est un numéro exceptionnel.

« Comment on fait pour rendre visible une France invisible ? » se demande François Ruffin dans ce numéro. Et il répond avec modestie que « ça fait maintenant vingt ans qu’on essaie, qu’on s’y efforce ».

Au sommaire de ce numéro de Fakir.

Le courrier des lecteurs. Comme d’hab.

Darwin qui a envie de tuer. Comme d’hab. Aujourd’hui c’est une connasse qui bêle dans son micro.

Valéry Chartier qui réécrit l’histoire contemporaine et nous fait rigoler. Comme d’hab. Aujourd’hui il se recueille sur « la tombe du banquier inconnu ».

François Ruffin nous raconte son samedi jaune. Il a rencontré les gens en gilets jaunes dans sa circonscription de la Somme. Sept barrages à écouter ceux qui veulent lui parler.

Il y a aussi la rencontre avec Pablo Servigne. Six pages ! Plus la couverture. L’autre loi de la jungle, l’autre loi de la nature, c’est l’entraide, la coopération, l’association.

Des chercheurs en psychologie, de Berkeley, de Toronto, ont montré que que des personnes des classes populaires, à faibles revenus, étaient plus enclines à la générosité, soutenaient davantage les actions de charité, faisaient plus confiance à un inconnu, aidaient plus volontiers une personne en détresse… Plus que les sujets des classes supérieures… Quitte à donner de leur propre poche. Ils se sentent plus concernés par le bien-être des autres. Peut-être parce que, avec leur peu de moyens, eux le savent : ils doivent compter sur autrui. Les pauvres ont tendance à investir dans le “capital social”.

On a aussi un autre bon gros dossier de six pages sur les AVS (auxiliaires de vie scolaire), et les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).

– Je lui dis quoi, si elle me pose des questions pièges ? Je ne connais pas bien la loi, moi, sur notre formation, sur notre statut. Enfin, on n’a pas de statut, d’ailleurs.

– T’inquiète, c’est pas un examen ! Tu as trois messages à faire passer : ton salaire, ton manque de formation, ta précarité. Tu parles de toi, de ta vie. Après, tu sortiras de là frustrée, c’est sûr. Mais si tu places ces trois trucs, tu as réussi ton interview.

– Dans les questions qu’elle veut me poser, il y a pourquoi notre métier est invisible. Je réponds quoi à ça ?

– T’as qu’à lui demander pourquoi ils n’invitent jamais d’AESH sur leur radio. C’est eux qui vous rendent invisibles aussi.


L’enregistrement en studio de “Vesoul” par Jacques Brel. Dans ce numéro de Fakir il y a aussi deux très chouettes pages sur “la Pizza Brel”. De l’humanité chaleureuse. « Les hommes ordinaires traités comme des dieux. »

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Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.