“Si les générations futures devaient nous juger, nous serions très, très mal”

“Si les générations futures devaient nous juger, nous serions très, très mal”

Mathieu Morel écrit sur Facebook des textes très drôles, très très incisifs. Celui-ci, par l’exemple, sur un épouvantail et une Juppé en jupon.


“Ingérence russe : Trump s’appuie sur les dénégations de Poutine” (Le Point).

Décryptage : puisque Poutine (qui est une ordure) dit que c’est “même pas vrai”, alors si Trump (qui est un salaud) s’appuie sur Poutine pour dire que c’est faux, ça signifie que c’est forcément vrai.

Signé : le “monde libre”.

Résumé des épisodes précédents.

Jusqu’à la fin 2016, le pays phare du “monde libre”, notoirement très pointilleux sur la question des ingérences étrangères dans une élection libre, avait le choix entre :

  • à “gauche” et “cool” : la bienveillance (une femme), la générosité (parce que c’est une femme), l’honnêteté (je vous répète que c’est une femme), la modernité (puisqu’on vous dit que c’est une femme, merde !), la paix (euh…),
  • TRÈS à droite : l’aut’connard (c’est une tranche de jambon coiffée d’un balai à frange).
    Normalement, les jeux étaient faits, personne ne devait s’y tromper : après quelques mois d’une angoisse insoutenable, Cendrillon devait entrer triomphalement (mais humblement quand même, puisque c’est une femme) à la Maison Blanche et commencer à répandre ses bienfaits sur le monde.

Sauf que tout ne se passa pas tout à fait comme prévu. Il s’avéra que Cendrillon n’était en fait que Juppé avec une perruque et l’épouvantail… un épouvantail.

Et face à Juppé, l’expérience montre qu’il est quasiment impossible de perdre.

Alors les “gens bien” du “monde libre” crièrent tous :

  • c’est même pas vrai,
  • on n’a pas vraiment voté, faut recommencer,
  • c’était pour rire,
  • on ne savait pas que les pauvres aussi avaient le droit de jouer,
  • on devrait choisir un président par personne, ça serait plusse démocratique,
  • hachetague not in my name,
  • les sangliers avaient mangé quelque chose qui avait mangé quelque chose,
  • on devrait exiger un niveau d’études pour pouvoir voter,
  • etc.

Voici donc un an que nous vivons au rythme palpitant de cette tragédie burlesque où tous les gens “de raison” et autres démocrates inspirés cherchent tous les moyens de faire tomber le taré qui a été régulièrement élu à la place de l’hystérique qu’ils avaient prévu d’élire, sans que personne ne souligne le fait, amusant, que si d’aventure ils y parvenaient, Trump serait remplacé par son vice-président, Pence, et qu’il ne fait donc aucun doute que les choses iraient vachement mieux, Pence étant un cinglé notoire.

Un des moyens les plus efficaces étant de susurrer dans toutes les oreilles que les Russes sont tous des salauds d’espions du même nom (d’où leur nom) puisque ce qui les différencie des Allemands, outre le fait qu’ils ont contribué à nous en libérer, c’est qu’on a le droit de les détester.

C’est même recommandé.

Allez comprendre…

Très sincèrement, j’aimerais bien que les générations futures aient le cœur à se foutre de notre gueule parce que si elles devaient nous juger sérieusement, nous serions très, très mal.

=> La page Facebook de Mathieu Morel

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>