Effondrement : le temps de l’hystérie (et des jonquilles)

Bruno Le Maire, “Ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance”, s'en va-t-en guerre tout seul sur un plateau télé.

C’est un peu comme à la fin de ces banquets familiaux quand, sous l’emprise de l’alcool, les conversations dérapent, les noms d’oiseaux fusent, et où les convives, saouls comme des ânes, finissent par se foutre sur la gueule. Sauf que nous ne sommes pas à un niveau familial, mais sociétal (au pluriel) et que l’effet de souffle systémique de la perte de contrôle mental y est autrement plus terrifiant.

Voilà l’image terrible que l’Occident donne aujourd’hui, sombrant dans une hystérie hors de contrôle, dégoulinante de discours erratiques, de manchettes apoplectiques, et opérant une plongée suicidaire définitive dans la folie.

Le chef d’empire prêt à voler au secours du peuple… iranien !

Voilà cette présidente de commission européenne, élue par personne, corrompue à l’os, qui décrète unilatéralement l’interdiction de médias au prétexte qu’ils sont russes. Voilà ce ministre français qui déclare la « guerre économique et financière totale » à la Russie tout seul sur un plateau télé, avant de rétropédaler piteusement, dessoulé par une remarque cinglante de “l’ennemi”. Voilà des pays européens qui clament à grands cris vouloir envoyer armes et argent à l’Ukraine, avant d’y renoncer tout aussitôt. Voilà les mêmes qui, après avoir laissé se noyer à leurs portes des milliers d’immigrés, se disent prêts à accueillir des milliers de réfugiés pourvu qu’ils soient ukrainiens (et pas noirs). Voilà une philarmonique qui renvoie sans préavis son chef d’orchestre russe dont elle vantait juste avant l’immense talent. Voilà le spectacle désolant de ce chef d’empire sénile affirmant que non, jamais Poutine ne pourra « vaincre le coeur et l’âme du peuple… iranien » (Joe Biden, 1er mars 2022).

La résistance des jonquilles

On a tous le souvenir infiniment triste de ces proches âgés que nous accompagnons à leur avant-dernière demeure (un Ehpad), le corps usé et, plus encore, le cerveau en miettes égrainant des propos incohérents. Mais à la tristesse s’ajoutent votre colère et votre effroi quand vous comprenez que c’est tout votre univers de vie qui est en train de se désintégrer. Que dire, que faire face à ce déluge de démence collective qu’on sait désormais irréversible ?

Rien, se mettre à l’abri, attendre que la tempête meurt d’elle-même, cultiver son jardin. D’ailleurs, c’est le temps de mes chères jonquilles, ces fragiles petites fleurs jaunes qui, imperturbablement, résistant à tous les frimas, vous annoncent chaque année la fin de l’hiver et l’arrivée prochaine du printemps. Mais pour quand ?

Les jonquilles de mon jardin ce matin sous la pluie.
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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.