Le droit international au secours des Catalans et de Jean-Luc Mélenchon

Le droit international au secours des Catalans et de Jean-Luc Mélenchon

Les bastions constitutionnels servent d’ultimes remparts au vieux monde en pleine implosion. Au mépris du droit international.

C’est au nom de la vieille constitution espagnole héritée du franquisme que le gouvernement Rajoy a voulu faire interdire la tenue d’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne. C’est en brandissant cette même vielle quincaillerie qu’il a dénoncé la proclamation de cette indépendance et qu’il emprisonne des “séditieux” pourtant démocratiquement élus.

C’est au nom de la Constitution de la Ve République que le Conseil constitutionnel vient de désavouer Jean-Luc Mélenchon pour avoir annoncé sa décision de désobéir aux traités européens si ceux-ci allaient à l’encontre de la volonté exprimée par le peuple français.

C’est en s’abritant derrière toutes ces constitutions poussiéreuses, souvent rafistolées pour l’occasion, que les autorités vermoulues du vieux monde tentent de faire obstacle à tout changement, toute évolution, tout droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le problème aujourd’hui, pour le vieux monde, c’est que ce ne sont pas les constitutions nationales, ni les traités supra-nationaux qui priment, mais la loi internationale. Et en particulier, les règles édictées par la Cour internationale de justice, organe judiciaire de l’ONU.

Or, que dit l’arrêt du tribunal de la Haye du 22 juillet 2010 à propos du Kosovo ?

“Nous déclarons qu’aucune règle interdisant les déclarations unilatérales d’indépendance n’existe en droit international. Nous déclarons que lorsqu’il y a contradiction entre la loi constitutionnelle d’un État et la volonté démocratique, cette seconde prévaut et nous déclarons que, dans une société démocratique, contrairement à une dictature, ce n’est pas la loi qui détermine la volonté des citoyens, mais c’est elle qui
crée et modifie la légalité en vigueur
.”


CORRECTION : attention, la partie en violet de la citation ne figure pas dans l’arrêt de la CIJ cité. Un correctif a été publié ici. Mea culpa.

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>