Catalogne : à propos de drapeaux, d’hymnes… et de Manuel Valls

Catalogne : à propos de drapeaux, d’hymnes… et de Manuel Valls

Ce qui va se passer en Catalogne dans les mois qui viennent aura des conséquences historiques incalculables.

Un nouveau symbole lourd de sens : le drapeau unioniste

Un nouveau symbole, un nouveau drapeau, lourd de sens, est apparu aujourd’hui dans les rues de Barcelone.

C’est le drapeau brandi par les unionistes de Catalogne.

Le drapeau des unionistes de Catalogne est divisé en trois parties :

1. La première partie du drapeau est constituée par les couleurs de la Catalogne : les unionistes disent qu’ils sont attachés à leur région, la Catalogne.

2. La deuxième partie du drapeau est constituée par les couleurs de l’Espagne : les unionistes disent qu’ils veulent maintenir l’unité de leur nation, l’Espagne.

3. La troisième partie du drapeau est la plus grande, la plus vaste. Elle est constituée par les couleurs de l’Union européenne : bleu, avec des étoiles jaunes. Les unionistes disent qu’ils veulent rester dans l’Union européenne.

Leur drapeau est ici :

conséquences incalculables 1

ou ici, brandi par la femme au premier plan :

Conséquences incalculables 2

Deux camps que tout oppose

Aujourd’hui, il y avait dans les rues de Barcelone des régionalistes, des monarchistes, des européistes.

En Catalogne, dans les mois qui viennent, l’Histoire va se jouer entre ces deux camps :

  • les régionalistes, les monarchistes, les européistes. Leur hymne est la « Marcha Real ». En français : la « Marche royale ». À la fin de la guerre civile, le général Francisco Franco restaure la Marche royale comme hymne national sous son ancien nom de la “Marcha Granadera”. À la fin de la dictature, le texte officiel de Franco disparaît. La Marche royale est toujours l’hymne officiel de l’Espagne, mais se voit dépourvue de paroles.
  • les indépendantistes, les républicains, les sécessionnistes. Leur hymne, « Els Segadors », servit de chant de ralliement des Catalans républicains pendant la guerre d’Espagne. Il fut interdit par la dictature franquiste.

“Depuis quand a-t-on vu un truc aussi brutal que de réprimer les libertés ?”

Mais certains n’ont rien à faire de précisions historiques. Ainsi, le Catalan d’origine naturalisé Français, actuel député apparenté LREM de l’Essonne, ancien Premier ministre français, Manuel Valls :

“Il faut d’abord souligner qu’on assiste à la crise la plus sérieuse que la démocratie espagnole affronte depuis qu’elle s’est dotée en 1978 de sa Constitution, l’une des plus démocratiques du monde. C’est une crise plus grave que la tentative de coup d’État de 1981 ou la confrontation avec le terrorisme basque car il y a un risque de dislocation de l’Espagne.”

Ce à quoi lui a répliqué via Twitter sa propre sœur, Giovanna Valls, Catalane restée Catalane :

“Pour l’amour de Dieu, pour grand-père Magi [ancien rédacteur en chef d’un grand journal catalaniste, ndlr] ! Ce n’est pas démocratique et l’article 155 non plus. Depuis quand a-t-on vu un truc aussi brutal que de réprimer les libertés ?”

Ce qu’ignore (ou que feint d’ignorer) Manuel Valls, c’est que tout est voué un jour à la dislocation : un homme d’État égaré, un pays déchiré, une démocratie dévoyée, une union contre nature, fût-elle européenne…

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<p>Mes priorités : sortir de l’Union européenne, sortir de l’euro, sortir de l’Otan.</p>