Tordre le cou à un mythe : la compétitivité, arme fatale de désintégration sociale

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La “compétitivité”, c’est un autre mythe vicelard inventé par les plus forts pour écraser les plus faibles…

S’il en est un qui tient le pompon parmi les mythes miteux à déboulonner, c’est bien celui de compétitivité que les évangélistes dépassés du monde d’avant continuent de nous servir comme des automates détraqués en ne se préoccupant même plus de le faire passer pour une saine émulation.

C’est quoi d’abord cette compétitivité, sinon une variante vicieuse de la loi des plus forts ? Lesquels plus forts n’ont d’ailleurs de cesse d’en contourner et l’esprit et la lettre à la première occasion par des ententes illicites entre eux. Regardez les banques, nos chères entreprises en communication, nos parfumeurs

Croyez-vous que les salariés modestes, et à plus forte raison les chômeurs tutoyant la fin de leurs droits, ont une quelconque chance d’être compétitifs face aux grands patrons du CAC 40 et d’ailleurs ?

La compétitivité nationalisée

Cette compétitivité, qui à l’origine concernait surtout le monde de l’entreprise privée, a fini par contaminer des régions, des pays, des entreprises publiques. Regardez ce qu’il advient de notre bonne vieille SNCF ou de France Télévision.

La mondialisation, synonyme de dérégulation sauvage dans les faits, la compétition exacerbée entre puissances publiques, ont encore accru les tensions nées de la compétitivité débridée.

Vous pouvez le prendre par n’importe quel bout, la compétitivité étendue à l’échelle planétaire et érigée en dogme intangible ne peut aboutir qu’à une désintégration sociale via un nivellement par le bas. Et, partant, à des émeutes ou à la guerre.

Croyez-vous que des pays s’accrochant à des revenus décents, sinon minimum, ont la moindre chance de devenir compétitifs face à ceux pratiquant des salaires de misère au mépris de toutes les règles de considération sociale ?

Les prêtres d’une religion féroce

Même au sein d’organisations supranationales se prévalant de vouloir faire triompher, du moins entre leurs membres, la solidarité sur la compétitivité, c’est l’inverse qui se produit. Regardez l’Union européenne et le comportement des plus forts, l’Allemagne en premier chef.

Bref, le constat d’échec de ce concept idiot de compétitivité, brandi comme moteur incontournable de régulation et d’émulation, est si accablant, si évident, qu’on reste ébahi de voir les prêtres d’une religion féroce ou des zigotos ahuris nous servir encore leur infâme brouet. Et, pire, de nous voir l’avaler sans broncher.

Mais, me direz-vous, comment enrayer cette spirale infernale ? Certainement pas en l’abandonnant aux “marchés”. Mais par des règles strictes (oui, oui, comme au foot ou au rugby, imaginez un match de rugby sans règles, ni arbitre) et des mesures de protection sociale (oui, oui, du protectionnisme).

Série << Tordre le cou à un mythe >>

  1. L’argent
  2. La dette
  3. Le travail
  4. La croissance
  5. La compétitivité
  6. Le protectionnisme

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>