Colombie, Mexique : la gauche latino-américaine grignote les chasses gardées de l’Oncle Sam

Colombie, Mexique : la gauche latino-américaine grignote les chasses gardées de l’Oncle Sam

Parmi tous les conflits qui opposent l’Empire occidental aux barbares (tous les autres), celui qui se déroule aux portes de la citadelle menacée, en Amérique latine, est sans doute le plus pernicieux.

On connaît déjà bien sûr les rebondissements de la déjà longue épopée cubaine. On sait la résistance opposée par le Venezuela ou la Bolivie à l’hégémonisme états-unien dans la région. On n’ignore pas les coups fourrés par lesquels les États-Unis sont parvenus à enrayer le cancer de la contestation au Brésil (destitution de Dilma Roussef, emprisonnement de Lula), au Honduras (coup d’État de juin 2009)…

Mais rien n’est plus agaçant pour l’Empire que de voir se développer des métastases sournoises dans des corps que Washington considérait comme sains et préservés. Derniers exemples en date : la Colombie et le Mexique.

Colombie : un candidat de (vraie) gauche sorti du diable-vauvert

En ce moment se déroule une élection présidentielle aux prolongations inédites en Colombie. Pour la première fois, ce ne sont pas les deux partis institutionnels qui s’affronteront lors du second tour le 17 juin prochain, la droite contre la gauche mollassonne, mais le candidat de droite, Iván Duque, et un candidat de (vraie) gauche, Gustavo Petro [photo], sorti du diable-vauvert lors du premier tour le 27 mai dernier.

Bien sûr, les résultats du premier tour donnent apparemment peu de chances pour le verdict final à Petro (25% des voix au T1 contre 39% à Duque). Mais sait-on jamais en ces périodes indécises. Les 47% d’abstentionnistes du premier tour, et surtout la décision du candidat de gauche molle, Sergio Fajardo (23%), de n’appuyer aucun des deux candidats qualifiés, donnent des sueurs froides à l’engeance impériale US.

Signe de fébrilité, celle-ci s’est empressée, entre les deux tours de la présidentielle, d’accorder à la Colombie (de droite !) le statut de « partenaire mondial » latino-américain de l’Otan. Sans même se demander si cette faveur d’ingérence grossière (c’est Moscou qui doit rigoler) ne va pas aboutir à une réaction répulsive des électeurs colombiens à son encontre.

Le nouveau Mélench… Sanders du Mexique

Plus proche du cœur de l’Empire, et plus dangereux aussi puisque les sondages le donnent vainqueur de la présidentielle du 1er juillet, le leader de la (vraie) gauche mexicaine, López Obrador, que Libé qualifie de « Bernie Sanders mexicain » (ça t’aurait écorché la gueule, Joffrin, de le comparer à notre Méluche national ?).

Le point commun d’Obrador avec le leader insoumis français, c’est de réunir à ses meetings des foules innombrables, « même pas payées », comme s’en extasie un de ses partisans.

Et il faut voir comment Libé tente de délivrer les petites perfidies dont il a le douteux secret sur le candidat Obrador  en évoquant à propos de celui-ci un « relent de vieux réflexes antidémocratiques qui lui sont parfois [rires] attribués ». Comme si ce pauvre Libé, avec son lectorat français de plus en plus famélique, avait pouvoir d’influencer les électeurs mexicains ! Méthode Coué du paniquard, quand tu nous tiens.

Partager ce billet

Un "voyageur à domicile" en quête du monde d'après.