Historique : la fin de l’empire Occidental et de sa démocratie

Historique : la fin de l’empire Occidental et de sa démocratie

Nous assistons en ce moment à un évènement considérable : la défaite de l’empire occidental au Moyen-Orient et son abandon de la démocratie.

L’empire occidental (USA, Europe, Israël, Arabie saoudite…) vient de perdre la guerre du Moyen-Orient face à l’axe Russie-Iran-Chine. La bataille de Syrie a été décisive. Le territoire syrien est en passe d’être entièrement reconquis par le régime Assad sans même que les États-Unis et leurs alliés parviennent à garder quelques têtes de pont stratégiques près des champs pétroliers ou gaziers. Car la perte est d’autant plus inestimable que ce territoire perdu recèle les sources énergétiques sans lequel le système économique capitaliste ne saurait survivre.

Sans présager de la solidité du nouveau bloc émergent victorieux, le vieil empire dominant, lui, a gravement mordu la poussière et il se pourrait bien que cette chute soit irrémédiable. Daesh et Al-Qaïda, monstres soutenus et alimentés par l’empire, ont été marginalisés. Israël, tête de pont occidentale dans cette région stratégique, est isolé. Le royaume saoudien est en pleine implosion. Pour ne rien arranger, le roi-dollar, qui colmatait les fissures de plus en plus criantes de l’empire, est lui aussi battu en brèche par les monnaies des nouveaux “barbares”.

Cela ne signifie pas que les pays de l’empire effondré soient voués à s’étioler. Ils disposent de suffisamment de ressources pour rester de grandes puissances. Mais leur dominance arrogante telle qu’on la connaissait est bien finie.

De la démocratie populaire à l’autocratie technocratique

En attendant, l’empire n’est pas frappé qu’à sa périphérie. Comme tout géant ébranlé, il est aussi rongé de l’intérieur et contraint d’abandonner les vestiges de son paravent démocratique pour une autocratie autoritaire, ultime et pathétique crispation avant le baisser de rideau.

En Europe, écrit le journaliste américain Tom Luongo, les diktats des technocrates non élus de Bruxelles s’imposent désormais sur les décisions démocratiques. Partout, quand une décision démocratique s’impose contre la volonté de l’oligarchie, celle-ci réagit en tentant de la discréditer (le Deep State US, non élu, accusant le trublion Trump d’être le jouet de Moscou), en envoyant ses hordes policières contre les récalcitrants (Espagne) ou en les excommuniant purement et simplement (Pologne).

La mafia financière, ses oligarques véreux (Georges Soros) et ses médias pourris, tentent toujours, avec plus ou moins de bonheur, d’imposer aux forceps leurs propres représentants (Clinton aux États-Unis, Macron en France), mais pour combien de temps ? Quand malgré tout ça, les peuples votent mal, écrit Tom Luongo, l’oligarchie impose de nouvelles règles contraignantes en sa faveur. On pourrait mentionner aussi l’inscription de l’état d’urgence dans le droit commun et la militarisation forcenée des force de l’ordre (ancien).

La voie démocratique ne suffira pas à imposer l’alternative politique

Le problème de l’Occident – je parle plus précisément des États-Unis et de l’Europe – c’est que leurs peuples (à l’exception peut-être des Allemands) ne sont pas ancrés dans une tradition autocratique autoritaire, comme peuvent l’être ceux de Russie, de Chine ou d’Iran. Leur héritage est foncièrement libéral, démocratique, et la fuite en avant autoritaire de leurs élites déstabilisées se heurte à un déconsidération de plus en plus virulente.

Pourtant les forces politiques d’opposition qui entendent construire le désormais inévitable monde d’après – comment ne pas citer notre France insoumise – doivent tirer sans retard la leçon de ce qui est en train de se passer : la voie démocratique (par les urnes) ne suffira pas à imposer l’alternative politique.

Et ce pour la très bonne raison que les tenants du vieil ordre battu en brèche n’ont aucune intention de le permettre, qu’ils sont prêts absolument à tous les coups tordus pour prolonger leur agonie et qu’ils ne reculeront devant aucune saloperie pour y parvenir.

Le déplorer est inutile, s’y préparer est indispensable.

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>