Catalogne : les prisonniers politiques de l’Union européenne

Catalogne : les prisonniers politiques de l’Union européenne

L’Union européenne, prompte à soutenir les dissidents du Venezuela ou de Russie, a désormais ses propres prisonniers politiques. Et ils sont de Catalogne.

Huit ex-ministres catalans emprisonnés en Espagne par le régime Rajoy ; l’ex-président de la Généralité,  Carles Puigdemont et quatre autres ex-ministres, arrêtés puis libérés mais sous stricte surveillance en Belgique.

Pas un seul mot d’indignation dans les chancelleries des pays membres de la forteresse européenne.

Quelque chose de bien singulier distingue pourtant les dissidents catalans de certains de leurs homologues vénézuéliens ou russes, si chouchoutés par les élites européennes : ils n’ont pas fomenté de coup d’État armé, ils ne sont pas issus d’une quelconque oligarchie mafieuse post-chute du mur de Berlin.

Des dissidents démocratiquement  élus et non-violents

Non, Carles Puigdemont et ses compagnons d’infortune ont tous été élus à la régulière, ont pris leur décision (d’indépendance) dans le cadre des institutions démocratiques de leur région, les manifestations de leurs partisans se sont toutes déroulées dans le calme et la non-violence.

Pas un seul mot de tout ceci dans les médias mainstream européens.

Qu’on s’entende bien, la déclaration d’indépendance catalane me paraît personnellement tout à fait justifiée dans le contexte européen actuel, mais résulter d’un échec : celui du rétablissement de la démocratie espagnole post-franquiste ; et, partant, celui de toute l’Union européenne qui finit par faire exploser ses membres à trop les avoir vidés de leur souveraineté politique.

En acceptant le scrutin du 21 décembre imposé par Madrid, Carles Puigdemont et ses amis ont pris un audacieux pari : celui de s’en remettre au verdict démocratique. Voyons voir si Madrid respectera un résultat d’élection favorable aux indépendantistes. Voyons voir même si Rajoy, soutenu depuis le début par Bruxelles et les élites européennes mainstream, leur permettra d’y participer.

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<p>Un “voyageur à domicile” en quête du monde d’après.</p>