Catalogne : anatomie d’une crise qui s’accélère et s’envenime

Catalogne : anatomie d’une crise qui s’accélère et s’envenime

Pour mieux comprendre la crise qui s’accélère et s’envenime en Catalogne, voici une petite anatomie des deux camps en présence.

1. Le camp des unionistes de Catalogne

Ce sont les régionalistes, les monarchistes, les européistes.

  • Leur drapeau :

Drapeau des unionistes catalans

 

  • Leur hymne :

La Marcha Real : restaurée par Franco à la fin de la guerre civile (sous le nom de La Marcha granadera) et maintenue après sa disparition (les paroles en moins).

  • Leur chef de l’État :

Les unionistes de Catalogne reconnaissent comme chef de l’État le roi d’Espagne Felipe VI.

Bref historique de la dynastie dont est issu Felipe VI :

Philippe de France est né au château de Versailles en 1683. Il est le second petit-fils du roi de France Louis XIV.

Au même moment, le roi d’Espagne Charles II était une personne chétive, très malade, faible, mais également stérile. Il n’avait pas d’enfant. Sentant venir sa mort, Charles II choisit la solution française. Le 2 octobre 1700, il fait de Philippe de France, le second petit-fils de Louis XIV, son légataire universel. L’espoir de Charles II était que Louis XIV saurait éviter l’éclatement de l’empire espagnol pour son propre petit-fils. Charles II meurt peu de temps après, le 1er novembre 1700. C’est le dernier roi d’Espagne membre de la dynastie des Habsbourg.

Le 15 novembre 1700, Philippe de France devient roi d’Espagne, premier roi de la dynastie des Bourbons. Il prend alors un nouveau nom, un nom espagnol : Felipe de Borbón.

En langue espagnole, on l’appellera Felipe V.

Depuis 1700, la plupart du temps, le chef de l’État espagnol est le descendant de ce Felipe V.

Aujourd’hui, le chef de l’État espagnol est Felipe VI. C’est toujours la même dynastie : c’est toujours la dynastie des Bourbons.

Quand Felipe VI abdiquera (ou quand il mourra), sa fille Leonor deviendra reine d’Espagne.

  • Leur chef de gouvernement :

L 28 octobre, une aristocrate, descendante des Grands d’Espagne, a été nommée par Madrid présidente de la généralité de Catalogne : elle s’appelle María Soraya Sáenz de Santamaría Antón. Cette aristocrate remplace autoritairement le président Puigdemont, nommé à la suite des élections démocratiques du 27 septembre 2015.

2. Le camp des Catalans républicains

Ce sont les indépendantistes, les républicains, les sécessionnistes.

  • Leur drapeau :

Drapeau des indépendantistes catalans

  • Leur hymne :

Els Segadors, chant de ralliement des Catalans républicains pendant la guerre d’Espagne, interdit par la dictature franquiste.

  • Leur chef :

En octobre 2017, les Catalans républicains reconnaissent comme chef de l’État le président de la République Carles Puigdemont. Légitimité démocratique issue des élections démocratiques du 27 septembre 2015.

  • Leurs députés indépendantistes :

– Ensemble pour le oui (en catalan : Junts pel Sí) est une coalition politique indépendantiste catalane formée par les partis Convergence démocratique de Catalogne (CDC), Gauche républicaine de Catalogne (ERC), Démocrates de Catalogne (DC) et Mouvement des gauches (MES), ainsi que les organisations Assemblée nationale catalane, Òmnium Cultural et Association de communes pour l’indépendance, en vue des élections régionales de 2015 en Catalogne. Ils ont obtenu 62 députés.

– Candidature d’unité populaire (CUP) (en catalan : Candidatura d’Unitat Popular), est un parti politique indépendantiste catalan de la gauche radicale. Ils ont obtenu 10 députés.

Quand on additionne 62 et 10, on obtient un total de 72 députés indépendantistes, soit la majorité absolue d’un parlement de Catalogne qui compte 135 députés en tout.

  • Leur gouvernement :

Le 28 octobre, Carles Puigdemont est destitué par Madrid. Il est poursuivi pour rébellion. Il risque 30 ans de prison.

Le 30 octobre, il se réfugie en Belgique, accompagné de plusieurs membres du gouvernement de la République de Catalogne.

À suivre…

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<p>Mes priorités : sortir de l’Union européenne, sortir de l’euro, sortir de l’Otan.</p>