Bob Solo, plein les mirettes : 01/10

Bob Solo, plein les mirettes : 01/10

Désormais ça ne rigole plus.

Cartes d’état-major et tenue camouflage, de quoi boire et casser la croute dans le sac, et hop, direction le safari photo, en particulier ces temps-ci sur les berges des lônes du Rhône, ces longs et étroits bras d’eau naturels qui longent ça et là le grand fleuve. J’affine mes techniques d’affut. Tout ça me convient parfaitement : se faire discret, furtif, silencieux, à la Sioux, se fondre dans le décor, choisir où poser le pied à chaque pas pour ne pas faire craquer la moindre brindille.

Attendre patiemment parfois de longues minutes, dissimulé dans les buissons, seul au monde en quelque sorte, sans autres bruits que ceux de la nature environnante, le vent dans les arbres, le saut de la carpe là-bas qui fait un bref éclair d’eau à la surface, la grenouille proche plongeant de la berge, l’abeille qui me survole un instant, les chants d’oiseaux que j’avais peut-être dérangés en arrivant mais qui reprennent possession des lieux dès le silence revenu. Rester là, être calme, se taire, respirer paisiblement, observer, ne penser à rien enfin.

Un oiseau se pose dans les basses branches d’un arbre à quelques mètres. Je le reconnais aussitôt, c’est une mésange bleue. Elle gratte du bec sous son aile à petits coups secs et rapides. Je ne mets même pas l’œil au viseur. Je profite juste de la scène. Il me semble par moments qu’on est ainsi pas très loin de la plénitude. Elle reprend son vol quelques poignées de secondes plus tard. Tout est tranquille.

Bon, les potes, ce sera donc ma dernière fricassée de légumes du jardin pour cette année. Le bilan est bien joli. Ici c’est ma petite recette à base de mes tomates, poivrons, courgettes jaunes, agrémentés de câpres, olives vertes et noires, ail, persil, herbes de Provence, jus de citron, tout ça à feu vif à la poêle, frit avec un demi-tonneau d’huile d’olive.

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Autodidacte en tout, café-théâtre, chanson française (auteur-compositeur-interprète), sculpture, photo, écriture, et même agriculture, en rupture de ban avec "le système", je me cantonne désormais à produire de la pensée et de l'émotion. Je n'attends pas de jours meilleurs (ils seront pires) mais j'en fabrique comme je peux...