Bob Solo : AMACRONISME

Bob Solo : AMACRONISME

Je ne lis plus la propagande abjecte des grands organes de presse qui se fait encore passer pour du journalisme. Mais à propos de “isme”, deux trois titres récents m’ont tapé dans l’œil.

À l’occasion du grotesque bal masqué donné à Versailles par le banquier de l’Élysée, les éditocrates ont parlé de “macronisme”, pour tenter on le suppose de tracer les contours et débusquer les particularités de la politique menée par le président des riches. Sans succès évidemment : le macronisme n’existe pas.

En forgeant ce néologisme, ils semblent vouloir nous convaincre qu’il y aurait un corpus idéologique sous-jacent à l’action jupitérienne. Or, prenant ses ordres à Bruxelles, à Washington, au Medef comme auprès des lobbys, auxquels il est redevable ou qui sont ses alliés en affaires, “Manu” révèle ne posséder aucune vision, aucune théorie politique propre, aucune construction conceptuelle, aucune identité intellectuelle spécifique.

Il n’y a pas plus de macronisme que de hanounisme ou de ribérysme

Tout est déjà connu, attendu, vu et revu, mâché et remâché, et rien de tout ce qui est régurgité n’a marché jusque là. Il n’y a pas plus de macronisme que de hanounisme ou de ribérysme. Sa “modernité” remonte à la lointaine et triste époque de Thatcher et Reagan. Certaines mauvaises langues la situent même, non sans argument, au XIXe siècle, et une datation au carbone 14 nous renverrait sans doute à l’Ancien régime.

Face à ce vertigineux néant politique, les grattes-papiers inamovibles en sont réduits à noircir leurs colonnes d’analyses ineptes sur “le style”. Se peut-il qu’ils croient vraiment que nous sommes avides d’en savoir autant sur sa coupe de cheveux et le prix de ses costards ?

Au vu de la ringardise de “la pensée complexe” du bébé Rothschild, et du décalage qu’elle génère face à la réalité de millions de gens, au mieux pourra t-on parler d’amacronisme : terme qui désigne toute idée, proposition ou action dont le contexte dans lequel elle prend place la fait aussitôt apparaître comme désuète, passéiste, et parfaitement inopérante quant aux questions auxquelles elle prétend apporter des réponses.

14 juillet : « Ce n’est pas un drame, il faudra les rassurer », dit Emmanuel Macron à propos des deux motards tombés au sol.
Un “rouge” a tenté de saboter le défilé. À l’extrême-gauche (évidemment) sur votre écran.

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Autodidacte en tout, café-théâtre, chanson française (auteur-compositeur-interprète), sculpture, photo, écriture, et même agriculture, en rupture de ban avec "le système", je me cantonne désormais à produire de la pensée et de l'émotion. Je n'attends pas de jours meilleurs (ils seront pires) mais j'en fabrique comme je peux...