#AvecLesCheminots (5) : une grève de gratuité illimitée dès le 22 mars ?

#AvecLesCheminots (5) : une grève de gratuité illimitée dès le 22 mars ?

22 mars 2018 (et suivants) :  pourquoi pas une grève de gratuité illimitée pour résister #AvecLesCheminots et arrêter la régression sociale ?

La résistance vaut si l’on se donne les moyens de gagner

La grève à la papa, telle qu’on nous l’annonce, est-elle le meilleur moyen de faire caler Macron ? S’asseoir sur des semaines ou des mois de salaire pour des gens qui n’ont pas des gros revenus est un lourd sacrifice.

Et si vous mettiez enfin en pratique la grève de gratuité ? Distribution de belles images SUD/CGT et plus si affinités en place des billets. Opération sourire en place des contrôles. Tout le monde à son poste et tous les trains qui roulent. Pas de perte de salaire. Mais pas de rentrées dans les caisses de la SNCF. Le portefeuille qui doit dérouiller, ce n’est pas celui des cheminots !

Vous n’en avez pas marre des sacrifices rituels ? De l’autel du vieil Abraham ? Du fils qu’il faut égorger pour s’épargner le courroux d’un dieu vengeur ?

Songez aux collègues qui sont d’accord sur le but à atteindre mais qui ne peuvent pas faire le sacrifice. Ou pas trop longtemps. Ou pas assez longtemps. Même en quêtant auprès des citoyens solidaires. Pour gagner faudrait tenir des mois sans salaire. Parce que Macron va rigoler si vous arrêtez par asphyxie après seulement quatre ou cinq semaines de grève. Le portefeuille qui doit dérouiller, ce n’est pas celui des cheminots !

Un moyen ingénieux de faire payer la grève à la SNCF…

… mais pas à ses salariés ! La grève de gratuité peut durer longtemps. Aussi longtemps que le gouvernement ne cède pas. La grève de gratuité, c’est comme la pompe à vélo du roulant, ce n’est pas avec ça qu’on se couvre de gloire. Ouiche. Mais c’est efficace. Pour la pompe à vélo, on a appris la chose après la victoire, pas après la défaite. Après la victoire !

Braves cheminots, cessez d’être gentils avec le Macron, résistez ! Sortez la pompe à vélo ! Le portefeuille qui doit dérouiller, enfin merde ! ce n’est pas le vôtre ! La résistance ne vaut que si on se donne les moyens de gagner. On le doit bien à nos anciens.

Durant la guerre les cheminots ont fait mieux que défiler

Un cheminot cultivait son potager dans une île au milieu de la rivière à quelques trois kilomètres à vol d’oiseau de la gare. Prudent, il y a construit une grande cabane en dur où sa petite famille s’est réfugiée par gros temps durant la guerre. Une cabane remarquable : bien bâtie, toujours utilisée aujourd’hui, elle a la forme d’un bateau à vapeur du Mississippi.

La gare a été bombardée. Si le bâtiment lui-même a peu souffert, le réseau ferré et tout le quartier ont été écrasés. Les tirs n’étaient pas trop précis et une bombe perdue est tombée sur l’île à cent ou deux-cents mètres seulement de la cabane du cheminot ! Encore aujourd’hui on peut en voir le cratère.

C’est un souvenir d’adolescent. Chaque semaine je reviens du lycée par le train. Et chaque semaine je passe devant la plaque de marbre apposée sur un mur de la gare. Gare de départ comme gare d’arrivée. Hommages aux cheminots des deux villes morts pendant la seconde guerre mondiale. Morts sous les bombes, morts fusillés, morts exécutés par la Gestapo, morts disparus dans les camps. C’est avec ces plaques que le lycéen a découvert le terme “agent voyer”.

On va dire que c’était il y a bien longtemps. N’empêche que ça fait mal au ventre de songer que les collègues d’aujourd’hui du roulant, qui transportait les messages de la Résistance dans une pompe à vélo, sont traités comme des salopards par les richards.

“Le petit train” des Rita Mitsouko. Ça commence léger et kitch à souhait et puis Catherine Ringer se souvient que son père a été déporté. « Petit train, où t’en vas-tu / Train de la mort, mais que fais-tu / Le referas-tu encore / Reverra-t-on une autre fois / Passer des trains comme celui-là ? »

« Depuis la p’tite maison de la garde-barrière. » Prends-toi un petit coup de nostalgie. Yves Jamait et ses musiciens chantent “Gare au train”.

« Quand trop vieux pour le turbin / Je ne pourrai plus rien faire / En voyant passer les trains / J’’ vid’r’ai quand même’ quelques verres… / Ry hop ! » René-Louis Lafforgue chante “Le poseur de rails” accompagné par Georges Brassens à la guitare.

Quand la chanson de train américaine cause de la solitude, de la pauvreté, du départ, du voyage, des villes et des grandes distances, la chanson française ne fait bien souvent qu’un simple clin d’œil. On en a eu des wagons depuis le début du vingtième siècle, des chansons légères où trains et gares ne servent que de décor au mélodrame, au libertinage, à la rigolade, à la rencontre amoureuse.

Avec un salut amical au jardin des chansons qui bifurquent qui nous a donné cette idée de thème chanté pour soutenir les cheminots, on termine cette page en compagnie d’Henri Salvador qui chante “Twist SNCF” .

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Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.