#AvecLesCheminots (3) : Le Château de misère

#AvecLesCheminots (3) : Le Château de misère

Le MediaTV a lancé l’idée. On poste une photographie de gare accompagnée du mot-dièse #AvecLesCheminots. Ou bien on chante gares, rails et trains…

C’est une trouée défrichée dans la forêt. Des terres pauvres, sèches et pierreuses, gagnées sur les bois lors de l’expansion maximale de l’agriculture au XIXe siècle. Au milieu, une toute petite maison sans charme, construite de bric et de broc avec la pierre prise sur place. Le coin est nommé « Le Château de misère ». Le cadastre connaît plus d’un « château de misère » un peu partout en France. C’est un nom qui m’a toujours plongé dans des réflexions sans fin… Et qui me vient à l’esprit quand les journalistes parlent des odieux privilèges cheminots.

Tu sais qu’on nous prend vraiment pour des cons. À écouter les journalistes de cour, on croirait que les ministres activent le piston pour faire entrer leurs enfants à la SNCF, à la chaîne chez Ford ou à la caisse d’Auchan. La paie mirifique des cheminots, les zavantages et les privilèges, c’est quand même autre chose que l’ENA, l’inspection des finances et les gras fromages bancaires. Des mal lunés publient treize bulletins de paie de cheminots et j’y vois autant de « châteaux de misère ».

« Le statut des cheminots ne correspond plus aux conditions de travail des cheminots d’aujourd’hui. Il faut uniformiser les protections de tous les travailleurs. » C’est Lætitia Avia, une députée LREM, qui nous dit ça. Eh bien, son uniformisation, moi je suis pour. On aligne tout le monde sur le statut et la protection des députés. Et vous pouvez me croire, madame la députée, on ne trouvera pas beaucoup de grincheux pour s’y opposer… Même Philippe Poutou – c’est quand même une référence ! – avait presque regretté lors de la présidentielle l’absence d’immunité ouvrière.

« Le train est reparti avaler ses traverses / Comme s’il était urgent d’arriver Dieu sait où / Faut-il savoir compter pour compter ses richesses ? » se demande Romain Didier qui chante “Au bout des rails”.

« Les gares, c’est con ! » Léo Ferré chante “Les gares et les ports” et il ne passe la brosse à reluire. Pour voyager, il préfère nettement la lecture. La NRF plutôt que la SNCF…

On connaît tous cette chanson dans une version française qui a toutes les qualités d’une eau potable : incolore, inodore et sans saveur. Dans la version originale un pauvre diable prend le train et chante en substance : J’ai pas une chemise sur le dos. J’ai pas un sou vaillant. Seigneur, je suis à 2, 3, 4, 500 miles de chez moi et je peux pas rentrer comme ça ! Paul, Peter and Mary chantent “Five Hundred Miles”.

Aux États-Unis le train inspire musiciens et auteurs de chansons depuis que les premières locomotives tirent des wagons à travers le pays. John Coltrane joue “Blue Train” dont tu connais l’air même si tu n’es pas capable d’en donner le titre.

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Un citoyen ordinaire à la rencontre des personnes cabossées par la vie.