Art & politique : Kepa Garraza Álvarez (1979- )

Kepa Garraza, Vladimir Lénine à Smolny (série Propagande), 2020, Fusain compressé sur papier, 140 x 212 cm.

Kepa Garraza Álvarez est né en 1979 à Berango, Biscaye.

Il a étudié les Beaux-Arts à l’Université du Pays Basque. En 2000, il obtient un Erasmus lui permettant de compléter sa formation académique au Bradford Art College (Royaume-Uni). Grace à une bourse en 2002, il étudie à l’Université de Barcelone et obtient un diplôme en 2003.

Le travail de Garraza interroge la nature des images que nous consommons quotidiennement. À travers des scènes fictives il reconstitue une réalité parallèle, et nous sommes invités à nous interroger sur les problèmes liés à l’identité et à la manipulation de l’information. Son travail questionne les discours officiels et remet en cause les processus de légitimation institutionnelle. Son regard ironique et acide propose des alternatives à la réalité et nous propose un exercice sain : toujours douter de la version officielle.

Sur le plan formel l’influence de la peinture d’histoire du XIXe siècle est nette, avec des décors élaborés et une mise en scène avec de nombreux personnages.

Kepa Garraza :

« À travers la série de dessins qui composent “Propagande”, je souhaite analyser l’esthétique du pouvoir et ses codes de représentation à travers l’histoire. Pour cela, j’ai utilisé une série d’images qui ont servi à la propagande politique, militaire ou révolutionnaire. de l’Égypte ancienne à nos jours. »

« “C’est la fin du monde tel que vous le connaissez” est un projet construit sous la forme d’une histoire fictive sur le futur proche. Cette narration est composée de plusieurs scènes, présentées par ordre chronologique, pour recréer une histoire qui nous montre un futur dystopique. Une sorte d’utopie négative, une conséquence future de la société moderne, mais avec des résultats complètement indésirables. Ce projet vise à réfléchir sur la crise économique et ses conséquences sociales. Tente aussi de montrer le sentiment constant de non-avenir qui se dégage des sociétés contemporaines. »

« Les œuvres qui font partie de ce projet (la vie d’un artiste imaginaire) présentent un voyage visuel à travers la vie d’un artiste imaginaire nommé Kepa Garraza (mon propre alter ego), né en 1953 (26 ans avant ma date de naissance réelle) et devenu aujourd’hui une figure clé au sein du scène artistique internationale. Cette autobiographie fictive est racontée sous la forme d’un grand biopic, qui commence à la fin des années 70 avec la carrière prometteuse d’un jeune artiste basque, en avant dans le temps jusqu’à montrer l’ascension et le renforcement de la carrière de l’artiste pour devenir un véritable icône culturelle du début du XXIe siècle.Cette histoire se construit en de multiples scènes où cet artiste imaginaire apparaît aux côtés des principales figures du monde de l’art, de la culture et de la politique des 35 dernières années. »

Kepa Garraza, Manifestant 10 (projet : C’est la fin du monde tel que vous le connaissez), 2016, Pastel noir sur papier, 100 x 70 cm.
Kepa Garraza, « Daniel Birnbaum, Damien Hirst, Jeff Koons, Andreas Gursky, Kepa Garraza, Takashi Murakami. Kiev, 2010 » (projet : la vie d’un artiste imaginaire), Huile sur toile, 2011, 160 x 230 cm.