Art & politique : Jacqueline Devreux (1963- )

Jacqueline Devreux, La grande famille, 2011, huile sur toile, 150 × 170 cm

Jacqueline Devreux est née à Bruxelles en 1963. Elle vit et travaille à Bruxelles.

Diplômée de peinture à l’Institut supérieur Saint-Luc de Bruxelles en 1986, elle a étudié la gravure à l’Académie d’Uccle et la photographie à l’École nationale supérieure des Arts visuels de La Cambre.

Jacqueline Devreux présente de la femme une image différente de ce que les hommes attendent. Humilité, simplicité dans la sophistication permettent de montrer le côté double de la féminité. Son travail se réalise à partir d’images fixes ou en mouvement. Ses modèles sont souvent des connaissances, parfois des inconnues. C’est l’artiste qui dirige les séances de pose. Quelquefois la photo est empruntée sur le net, disséquée et recomposée, mélangée à ses propres prises pour former la base de son travail.

L’humain reste cependant au centre de son intérêt. Comme face à une énigme, le spectateur est happé par la force et le secret des regards de ses portraits et autoportraits. Ses peintures à l’huile ou à l’encre, avec des tons sombres et chamarrés, évoquent la photo, ce qui donne un effet de réel, croisé avec des images de rêves ou de cauchemars, estompés, flous. De ce choc visuel naît une impression d’inquiétante étrangeté.

En 2011, elle expose “Family dreams”, un ensemble de travaux en partie réalisés à partir de scènes de famille, de photos de vacances ou de photos de classe. En 2013, à la galerie Pierre Hallet elle présente “Je Ma Muse”, un magnifique ensemble de portraits féminins après y avoir précédemment rendu un hommage aux disparus de la colline du manguier sauvage. Le génocide cambodgien révélait sous l’oeil et le mouvement du peintre les visages de sa mémoire. En 2017, “Épicerie fine”, une série de peinture à l’huile et une sélection de petits dessins à la mine de plomb. En 2020 son exposition “Gestation” marque un tournant dans sa quête picturale. Son travail s’éloigne de la photographie en s’approchant de la peinture. Néanmoins, l’artiste reste fidèle à sa notion centrale : interroger l’identité de la femme dans toute sa complexité.

« Ma peinture est empreinte de ce que j’aime. Je peins mes émotions et mes réflexions. Je travaille avec la mémoire, avec mon histoire qui, dit sans prétention, est universelle. J’emprunte aux gens des choses que je n’ai pas vécues et que j’aurais, peut-être voulu vivre… »

Jacqueline Devreux, Tous en scène ou les pèlerins, 2012, huile sur toile, 140 × 120 cm
Jacqueline Devreux, Le portrait, 2020