Art & politique : Hélène Duclos (1974- )

Mémoire sélective #3, 2019, huile sur toile, 54 x 65 cm ©Hélène Duclos

Hélène Duclos est née en 1974, elle vit et travaille à Nantes.

Après des études en design textile à L’ESAA Duperré à Paris, Hélène voyage, notamment en Afrique et en Asie. En 1996, elle s’installe à Montpellier, intègre le collectif de plasticiens “Arboretum” et entame des collaborations avec des artistes du spectacle vivant. Sa rencontre en 1999 avec la peintre Hélène Laflamme est déterminante. Accueillie dans son atelier à Crest, dans la Drôme, elle bénéficie de son enseignement et apprend les techniques anciennes de peinture à l’huile sur bois enduit. Elle complète cette formation en 2003 auprès du maître laqueur Xuan Chieu à Ho-Chi-Minh-Ville (Vietman).

Elle décide de se consacrer à la peinture et développe alors un langage singulier qui va s’étendre dans le domaine de la peinture, du dessin, de la gravure et de la broderie contemporaine.

L’œuvre d’Hélène Duclos se situe à la croisée de plusieurs chemins. Son travail est centré sur les relations entre les êtres vivants, les lieux, les mondes invisibles et multiples ou encore, ce que l’artiste nomme “l’impermanence” : l’apparition, le passage, la transformation et la disparition de toute chose. L’artiste s’intéresse particulièrement aux notions “d’écart” et ”d’entre” : le vide fertile que constitue l’espace entre deux personnages ou entre deux toiles devient un nouveau thème à explorer, une manière de faire évoluer son œuvre au travers des différents supports à sa création artistique. Elle s’intéresse particulièrement aux différentes représentations du monde en s’aventurant dans le champ des cultures indigènes, de l’animisme et des mythes. À travers ses travaux nous observons les relations entre les êtres humains, entre amour et déchirement, entre les fauves et les créatures diverses, métaphores de nos désirs, de nos peurs. Son œuvre est profuse, complexe. Elle s’étend sur différents supports et échelles : de la miniature au très grand format. Une architecture du vertige, du tragique et de la comédie.

Hélène Duclos travaille selon le principe du lâcher-prise : l’artiste associe des idées, parfois sans rapport immédiat et les confronte à l’espace d’exploration créatif qu’elles ouvrent.

« Je me sens concernée par les grandes réflexions actuelles et transversales sur l’écologie. Je m’intéresse aux possibilités de transformations écologiques de l’art, de la culture, des démocraties et de la société en général. »

« De saisons en saisons, mon œuvre se construit de façon polymorphe autour des représentations de l’humanité. Je m’interroge sur les densités, la démographie, les familles, la répartition des communautés et groupes qui la constitue et sur ce qui crée la cohésion (rituels, contes, mythes, transmissions…) ou au contraire qui la brise ou l’entrave (mouvement des peuples, exils, émigrations…). Je m’interroge aussi sur la question du genre : le masculin et le féminin peuvent-il être encore définis comme des genres distincts ? Mes sources sont matières vivantes, documents sonores, écrits filmés… De l’histoire individuelle aux grands chocs et mouvements collectifs. J’utilise la toile comme un espace de lâcher prise, mon tableau se construit toujours au fur et à mesure, dans un processus d’improvisation. L’improvisation n’étant possible qu’en ayant auparavant accumulé des “outils” forgés par les émotions, les connaissances, les expériences. »

=> Le site d’Hélène Duclos

Hors champs #1, 2021, huile sur toile, 73 x 92 cm ©Hélène Duclos
Habiter #1, 2021, mine graphite et gouache sur papier, 45 x 35 cm ©Hélène Duclos