Art & politique : Antonio Récalcati (1938- )

Antonio Récalcati
Antonio Récalcati, Da Picasso (libertà), 1963, olio su 2 tele 100 x 80 cm cadauna, totale 160 x 100 cm

Antonio Récalcati est né en 1938 à Bresso en Italie. Fils d’ouvrier, il rêvait de devenir chanteur à la Scala. Il devint peintre.

Antonio présente sa première exposition personnelle à l’âge de dix-neuf ans. Dès la fin de 1959, il avait trouvé sa voie, une peinture d’un « vérisme halluciné » (Dino Buzzati), fondée sur l’empreinte directe de son corps ou de ses vêtements. En 1961, il est invité à l’“Anti-Procès 3”, organisé par Alain Jouffroy et Jean-Jacques Lebel à la galerie Brera de Milan, où il participe à un “Tableau collectif antifasciste” (auquel collaborèrent également Baj, Erró, Lebel…) qui fut saisi par la police et qui n’est jamais ressorti des caves de la préfecture de Milan.

Naissance d’une grande amitié avec Dino Buzzati. Buzzati lui consacre un long article dans la revue “Rassegna”.
En 1963, sélectionné pour représenter l’Italie à la Biennale de Paris il s’installe à Paris. Il y rencontre les peintres Gilles Aillaud, Edouardo Arroyo et Paul Reyberolle. C’est à Paris que son œuvre s’insère dans le contexte culturel de la Nouvelle figuration. Membre actif de la Jeune peinture, il participe en 1963 et 1967 à la Biennale de Paris ainsi qu’à la première exposition des « Mythologies quotidiennes” en 1964 et, l’année suivante, à celle intitulée “Figuration narrative dans l’art contemporain”.

Ce n’est pas un hasard si Recalcati est invité à exposer dans l’exposition “Mythologies quotidiennes”, organisée à Paris par Gassiot-Talabot : c’est la première exposition d’une série d’autres événements qui consacrèrent la naissance de la Figuration narrative, mouvement avant-gardiste qui n’oubliera pas le rapport avec le passé, lointain et récent. C’est ce qui explique pourquoi apparaissent, dans certaines œuvres des années 1960, quand la dictature franquiste n’a pas cessé de violenter l’Espagne, le Guernica de Picasso, dont Recalcati reprendra certaines parties iconiques, filtrées au travers d’un dispositif de fenêtres jouant le rôle de séparation de la réalité et de dévoilement de celle-ci.

Avec Aillaud et Arroyo, en 1965, il présente un polyptyque qui est une œuvre collective majeure de l’époque : “Vivre au laisser mourir ou la fin tragique de Marcel Duchamp”. Les trois peintres y résument en cinq épisodes combatifs et narratifs et en trois phases artistiques (le Nu descendant l’escalier, Fontaine et Le Grand verre) l’ascension puis la chute imaginaire de Marcel Duchamp. Le scandale est grand. Une large groupe d’intellectuels surréalistes signe un manifeste contre les trois auteurs. Marcel Duchamp visite l’expo et avec humour signe le livre d’or.

Dans les années 1970 la peinture de Récalcati aborde des thèmes d’engagement social et représente des sujets tels que les luttes estudiantines, les conditions de la classe ouvrière dans les périphéries des grandes agglomérations.
En 1980, il s’installe à New York, jusqu’à l’été 1985. Son intérêt pour les “paysages” new yorkais (les rues, les trottoirs, les reflets dans les flaques d’eau, les terrains de basket et autres portraits de joueurs) se poursuit jusqu’à la fin des années 1980.

Suite à un séjour en 1990 à Albisola Marina, en Italie, Recalcati renoue avec le travail de la céramique qu’il avait initié en 1958. Il produit à la manufacture de San Giorgio une série de plus de six cents vases en terre cuite.

Antonio Récalcati, Malinconia torinese, 1973-1974 (La bohême de Chirico), olio su tela, 81 x 100 cm
Antonio Récalcati, La passione della libertà, 2003-2004, olio su tela, 150 x 100 cm