ABSTENTION 59,4 %, UMP 11,3 %, PS 6,7 %… LA PUNITION

Au soir de l’élection européenne, sur les plateaux de télévision, il n’y avait évidemment aucun représentant des véritables vainqueurs : les abstentionnistes (59,4 %). Une fois de plus, nos importants du cénacle essayèrent de mettre ce camouflet électoral sur le désintérêt du « public » (ils appellent ainsi ceux qui ne sont jamais invités sur les plateaux) pour les enjeux européens.

CRISE, PHASE III : DÉFAILLANCE DES PUISSANCES PUBLIQUES

Après une première phase marquée par l’effondrement du système financier international en 2008, une seconde entamée début 2009 qui voit l’économie réelle péricliter à grand train avec la mise en faillite de mastodontes comme General Motors ou Chrysler (pour commencer), voilà que se dessine une nouvelle et troisième phase critique (second semestre 2009) : la déroute des puissances publiques, nationales ou locales.

JULIEN COUPAT, LA BAFFE

((/public/procureur_Marin.jpg|procureur_Marin.jpg|L))La pire rebuffade que puissent essuyer les dominants de tout poils, c’est lorsque leurs proies, qu’ils croyaient à leur merci, se rebiffent et les éclaboussent de leur mépris. La [récente interview|http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/05/25/julien-coupat-la-prolongation-de-ma-detention-est-une-petite-vengeance_1197456_3224.html] de Julien Coupat, publiée dans le Monde daté du 26 mai 2009, est un modèle de claque dans la figure. On savait bien qu’aucune charge sérieuse ne pesait véritablement contre lui. On se demandait juste s’il tiendrait, s’il saurait prendre son mal en patience. Vu sa périlleuse situation actuelle, on n’imaginait pas de lui qu’il leur vole dans les plumes à la première occasion. Et c’est ce que le bougre a fait ! Sans même attendre d’être libéré. Tête du procureur Marin (photo) !

LES DÉRIVES D’UNE ÉPOQUE MALADE ET UN MOYEN D’Y ÉCHAPPER

Des policiers agressés avec une arme de guerre dans les « quartiers », un gamin qui poignarde son enseignante pour une punition, un ministre qui envisage de mettre des portiques de détection d’armes à la porte des établissements scolaires, des centaines et des centaines de milliers de personnes, jeunes chômeurs, retraités, tenus à distance d’une vie simplement convenable. Plus loin, des avions qui bombardent sans discernement des populations civiles au nom de la civilisation… N’en jetez plus, ils sont devenus fous !

UNE ABSTENTION MÛREMENT RÉFLÉCHIE

((/public/Logo_Europeennes.png|Logo_Europeennes.png|L))Le 7 juin 2009, jour des élections au Parlement européen, je n’irai pas voter. Non par indifférence pour le sujet, bien au contraire. Non par mépris de l’expression démocratique, bien au contraire. Ni par lassitude ou résignation. Mais en toute connaissance de cause. Parce que c’est le seul et unique moyen qui me reste pour marquer mon hostilité profonde à l’Union européenne telle qu’elle est devenue, et à la régression démocratique en cours dans notre pays.

TIR NA NOG

((/public/Sous_les_jupes_du_pont.jpg|Sous_les_jupes_du_pont|L)) Se désembourber. Échapper coûte que coûte au traquenard gluant de la dissolution collective. Je regarde en rétrospective les sujets de mes si sérieux derniers billets et en sors un peu assommé. Il y a quelques temps, après la publication de [mon petit programme|/index.php?post/PETIT-ETAT-DES-LIEUX-EN-GUISE-DE-CONCLUSION] économique et politique en sept volets, j’annonçais à mon amie Myriam mon intention d’essayer de trouver et de faire partager, quoiqu’il se passe, les quelques miettes de raisons de vivre qui nous restent au beau milieu du naufrage général. Eh bien, il est grand temps de commencer…

CRASH TESTS

La publication des résultats des tests de résistance ( »stress tests ») que la Réserve Fédérale américaine a fait subir aux principales banques du pays pour mesurer leur degré de résistance face à une nouvelle dégradation de la conjoncture, illustre à merveille le dilemme des autorités pour nous présenter les évènements en toute franche transparence. Entamer un peu plus une confiance déjà bien mal en point, c’est ruiner définitivement toute idée de reprise, c’est enterrer plus sûrement le système en souffrance. D’où cet optimisme contraint, ces présentations maquillées d’un soulagement artificiel.

DE LA LÉGITIME DÉFENSE

((/public/actionaires_Pinault_et_oeufs.jpeg|actionaires_Pinault_et_oeufs.jpeg|L))La menace leur pend au nez et ils commencent sérieusement à s’en inquiéter.  »« Jusqu’où peut aller l’insurrection française ? » » titre le Nouvel Observateur daté du 30 avril 2009. Dans une [vidéo|http://videos.nouvelobs.com/video/iLyROoafMMHS.html] en ligne, le rédacteur en chef de l’explosif dossier s’appuie sur un inévitable « spécialiste » de service pour tenter d’endiguer cette nouvelle source de pandémie à risques.  »« Spécificité française handicapante … Ce n’est pas la révolution … Aucune jonction entre les foyers … D’ailleurs, les révolutions interviennent dans des contextes d’instabilité économique considérable, de paupérisation ; on en est tout de même très loin en France ! » » Rien n’y fait. Le ver est dans le fruit. Et ils le savent.

UNE FAILLITE « POSITIVE »

((/public/chrysler.jpg|chrysler.jpg|L)) On l’attendait. Nous y sommes. Jeudi 30 avril 2009, Chrysler, 3e constructeur automobile américain, 9e constructeur mondial, s’est mis sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine du régime des faillites. Nouveau pas capital (car il s’agit d’une première, lourde de conséquences, pour une multinationale de l’économie réelle) dans la débandade d’un système vérolé en son cœur. Or que lit-on dans le communiqué AFP annonçant cet évènement historique ?  »« Obama sauve Chrysler en le mariant à Fiat. » »

Le programme du Yéti : 7. Petit état des lieux en guise de conclusion

Quoiqu’en proclame à tout va son carré d’officiers, immédiatement démentis par de nouveaux craquements sinistres, Le Titanic capitaliste néolibéral, que ses promoteurs nous présentaient comme définitivement insubmersible, s’enfonce inexorablement sous l’œil incrédule de son équipage et de ses passagers hébétés. Voilà pourquoi j’ai pensé qu’il était grand temps de proposer un modeste esquif de sauvetage, une embarcation bonhomme qui puisse affronter les grains les plus violents, et naviguer en père peinard une fois les eaux calmes regagnées.

Le programme du Yéti : 6. Des relations internationales assainies

Avec la crise, deux baudruches sont en train de voler en éclats : d’abord, cette « mondialisation » arrogante qui n’était finalement qu’un vulgaire contournement, par des prédateurs financiers, de toutes les protections sociales laborieusement élaborées sur la planète par certains États. Ensuite, une Union européenne dénaturée, réduite aux agissements opaques d’une Commission européenne et d’une Banque centrale ouvertement dévouées aux intérêts des lobbies industriels et financiers, et échappant à tout contrôle réellement démocratique.

UNE CONSTITUTION POUR L’ÉCONOMIE (réponse à Paul Jorion et Jean-Claude Werrebrouck)

Tandis que le système néolibéral n’en finit pas de se désintégrer, quelques penseurs de qualité essaient de réfléchir à des solutions nouvelles pour tirer le monde du sale guêpier où les prédateurs financiers l’ont fourré. Avec une approche sensiblement différente mais un esprit similaire, [Paul Jorion|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2671] et [Jean-Claude Werrebrouck|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2667] essaient de mettre sur pied une nouvelle __constitution pour l’économie__. Tous les deux la situent à un niveau global,  »<< là où le pouvoir économique a déjà pris ses aises >> », note Paul Jorion. C’est sur ce point de la globalisation des solutions que je voudrais marquer, en toute modestie, mon désaccord avec ces deux personnalités.

CAPILOTADE DIPLOMATIQUE

Lundi 20 avril 2009, à Genève, débute une seconde conférence internationale sur le racisme, dite Durban II. Sans la présence remarquée de plusieurs pays d’importance : les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Pologne, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Italie, Israël. Leur prétexte, répété à l’envie par tous leurs médias en cour : la crainte de voir l’Iran y imposer ses diatribes  »« antisémites » ».

Le programme du Yéti : 5. Éthique de l’économie

En quarante ans, notre [production d’ordures ménagères|http://www.google.fr/url?sa=t&source=web&ct=res&cd=4&url=http%3A%2F%2Fwww2.ademe.fr%2Fservlet%2FgetBin%3Fname%3DCCD94A34A2100AD056090DB95682ADDB1170930507903.pdf&ei=_ZvdSYPADuCQjAfl3v2YDg&usg=AFQjCNEGL2lTs5f8BUTMZoILZ9yogoHo7g&sig2=I03KU4r8aGZNP5o2oSkZfQ] a plus que doublé. Ce seul fait suffit à illustrer l’étendue du gaspillage auquel a pu aboutir une économie mondialisée livrée à elle-même et aux margoulins insatiables. Malgré quelques pompeuses réunions de façade pour se donner bonne conscience, quelques pâles efforts pour enrayer la tendance, les mercantis à costume finissent toujours par sacrifier allègrement l’intérêt général et la salubrité vitale de nos conditions de vie sur l’autel de leur croissance ravageuse ou de cette hypothétique « reprise » qui, bien loin de marquer la fin d’une crise, serait une calamité pour l’avenir de notre planète.

Le programme du Yéti : 4. L’économie d’utilité publique

Certaines activités économiques se situent à la lisière assez floue qui sépare le domaine privé et le domaine d’intérêt public, bien à l’écart des simples soucis de rentabilité financière : * les arts, la culture, la vie intellectuelle * l’information * les échanges non-marchands (gratuits) sur Internet : musique, films, information, logiciels libres…

G20, LE BAL DES FAUX-CULS

((/public/G20.jpg|G20 la « fête »|L|G20 la « fête »)) »« Chiche » », titrait Pascal Riché dans [l’édito|http://eco.rue89.com/2009/04/02/fmi-paradis-fiscaux-le-g20-veut-changer-le-monde-chiche] de Rue 89 sur les [déclarations d’intention du G20|http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/04/02/g20-plus-de-1-000-milliards-de-dollars-pour-la-relance-et-l-aide-aux-institutions-financieres_1175971_1101386.html] à propos des paradis fiscaux, de la levée des secrets bancaires, et des « règlements » en tout genre, précédant (forcément) la capricieuse « reprise ». Bien sûr que non, ils ne seront pas « chiches » !

Le programme du Yéti : 3. Les services publics ressuscités

Qu’est-ce qu’ils ne nous ont pas seriné ! Avec la privatisation et la mise en compétition des services publics, on allait voir ce qu’on allait voir ! Une efficacité boostée à mort, des prix serrés au collet, une “offre” à ne plus savoir où donner de la tête. Et de nous chanter les « modèles qui marchent », américains, anglais. On voit aujourd’hui le résultat : douloureux ! Ces gougnafiers nous ont tout détricoté ! Une Éducation nationale sonnée, un secteur de la santé et de la protection sociale en charpie, des trains dont la seule régularité est d’être en retard, une infrastructure de transports frappée de sénescence, un secteur des communications ubuesque…

Le programme du Yéti : 2. La moralisation du système financier

Ils n’ont plus que ça à la bouche : « moraliser » le système financier. Les mots après les maux. Qu’ont-ils réellement fait depuis que cette crise a éclaté, en janvier 2008 ? Rien. Des mots. Quelques vagues déclarations d’intention médiatiques, faussement indignées, pour faire bonne mesure et illusion, lors des moments les plus chauds. Mais sinon, rien. Il est grand temps de nettoyer ces écuries d’Augias.

Le programme du Yéti : 1. Le partage des revenus et des profits

Rien n’y fait ! Face à une situation de plus en plus catastrophique, les tenants du système néolibéral continuent de ressasser à l’envie leur vieilles lunes désormais périmées. Et, par l’indigence de leurs propositions, voire leur absence totale de projet, « les oppositions » montrent qu’elles sont plus enclines à s’opposer à un ancien monde défait qu’à en proposer un nouveau. Mais baste, la chienlit dans laquelle nous sommes irrémédiablement plongés permet toutes les audaces ! Dans ces conditions, pourquoi ne pas mettre soi-même la main à la pâte ? Voici donc le programme du Yéti avec un premier volet de choix : le partage des revenus et des profits.

L’ANNÉE DU « GRAND BOULEVERSEMENT »

((/public/19_mars.jpg|19 mars|L))Les alertes nous arrivent en boucle, implacables.  »<< Réchauffement climatique : plus que 20 ans pour agir >> », titre Damien Jayat dans un [excellent article|http://www.rue89.com/infusion-de-sciences/2009/03/18/rechauffement-climatique-plus-que-20-ans-pour-agir] sur Rue89.  »<< Lorsque fondent les glaciers, il est déjà trop tard >> », surenchérit le quotidien anglais The Independent dans son [éditorial du 12 mars 2009|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2589]. Certains éditorialistes de la presse en cour, jadis fervents partisans de la mondialisation, commencent à sérieusement douter. Thomas Friedman, du New York Times, présente désormais l’année 2008 comme celle du [« Grand Bouleversement »|http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2587] :  »<< L’année 2008 est celle où nous avons heurté un mur — celle où Mère Nature et le marché nous on dit tous deux : "assez". >> »