Présidentielle : les choses se décantent enfin…

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Jean-Luc Mélenchon au Havre mercredi 29 mars

Assez passionnante cette fin de campagne présidentielle, je trouve. À mesure que l’échéance du 23 avril approche, le paysage politique s’est considérablement décanté. Au point que nul n’a plus vraiment d’excuse pour ne pas opérer un choix intelligent.

Les partis dits de pouvoir ont littéralement implosé. Les « Républicains » (je ne peux pas me résoudre à l’écrire sans guillemets) enlisés dans les sales affaires Fillon. Le Parti socialiste noyé avec leur pâlichon capitaine Hamon et son insignifiant second Jadot du parti EELV.

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Au milieu de ces remous bourbeux à souhait, l’impayable Macron en papier tue-mouches à merde de « l’élite ». Pour les plus jeunes, le papier tue-mouches était une espèce d’infâme papier collant qui pendait jadis au plafond de nos cuisines pour y attirer les mouches inopportunes et où elles crevaient misérablement dans d’horribles souffrances.

Ce qu’il y a de bien quand les choses se décantent, c’est qu’on peut appeler les choses par leur nom sans plus de souci de bienséance. Et je ne vais pas me gêner pour appeler comme il se doit les mouches à merde de droite comme de gauche qui se ruent en masse sur la glu Macron avec la bénédiction des cafards médiatiques. Je vous laisse mettre les noms vous-mêmes. J’aurais pour ma part trop peur d’en oublier.

Deux candidats sérieux

À côté de ce sinistre spectacle crépusculaire, deux candidats offrent une image assez sérieuse pour qu’on ne s’en détourne pas. Les deux ont un programme qui se tient et terminent leur campagne assez fort.

L’un , François Asselineau, présente un projet intéressant sur bien des points, y compris en matière de mesures sociales, en tout cas bien loin de ce que pourrait laisser penser son parcours au sein des ministères de droite de la 5e République. Mes objections : François Asselineau est un candidat trop esseulé, sans équipe rapprochée agissante ni soutien populaire ; sa démarche s’apparente à une reconstitution gaullienne de la 5e République. Or que vaudrait une 5e République-bis, même à connotation sociale et volonté souveraine, avec en tout et pour tout un seul président-arbitre solitaire et pas de joueurs exécutifs autour de lui ?

L’autre, Jean-Luc Mélenchon, bénéficie de cet entourage agissant avec quelques nouvelles têtes montantes prometteuses (Charlotte Girard, Manuel Bompard…), La fin de campagne du candidat insoumis est proprement tonitruante, plutôt enthousiasmante. Et, ô miracle, son discours semble dépasser le cercle des seuls militants pour séduire des franges plus larges de la population. Enfin, si son programme, très exhaustif, comporte encore quelques zones mal éclaircies (la position face à l’Union européenne, la question du revenu d’existence), celles-ci ne semblent pas devoir entamer la confiance qu’on peut lui porter. Au point de voter pour lui comme je vais le faire le 23 avril.

Les voix de l’isoloir sont impénétrables

Qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit. Rien n’est joué. Dans le capharnaüm ambiant, le comportement des électeurs dans l’isoloir reste l’inconnue majeure, y compris sans doute d’une large partie d’eux-mêmes. Et je me fous totalement d’entendre les instituts de sondages annoncer une percée de Mélenchon, tout comme je me fichais de les entendre claironner un temps que celui-ci allait être avalé par Hamon-le-petit. J’ai définitivement rayé de mon champ intellectuel les élucubrations malsaines de ces officines manipulées par une oligarchie aux abois.

Dans le capharnaüm et le bouleversement ambiant, il n’ y a malheureusement pas que la comparaison des programmes qui préside au choix des bulletins de vote..Rien ne nous garantit contre une réaction pavlovienne bien pourrie des électeurs, avec la vautour Le Pen prête à fondre sur les cadavres du vieux monde en loques, ou un sursis encore accordé dans la panique et le désarroi à une de ces loques lamentables (Fillon, Macron).

Mais plus nulle excuse à la panique : la campagne et ses soubresauts ont désormais parfaitement éclairci les choses et seules des brumes persistantes dans les cerveaux citoyens pourraient expliquer une mauvaise surprise.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.