L’Avenir en commun : Jean-Luc Mélenchon doit intégrer l’urgence sociale à son programme

ILLUSTRATIONFile d’attente aux Restos du cœur

L’Avenir en commun, programme de Jean-Luc Mélenchon, vient de sortir en librairie (Le Seuil, 3 euros). On y trouve de bons développements sur l’urgence démocratique (une Constituante), sur l’urgence écologique. Mais rien de sérieux sur l’urgence sociale.

Qu’est-ce que l’urgence sociale ?

  • 7,4 million d’allocataires d’un minima social entre 400 et 800 euros par mois ;
  • 1/3 de Français vivant en situation de pauvreté selon le Secours populaire ;
  • 3,6 millions de mal-logés (dont 895 000 SDF) selon la Fondation Abbé Pierre ;
  • Plus de 1 million de personnes bénéficiaires des Restos du cœur (dont environ 35 000 bébés de moins de douze mois)… 

Quelles sont les mesures emblématiques proposés par L’Avenir en commun pour lutter contre ce fléau ?

  • Abroger la loi El Khomri, rétablir la hiérarchie des normes sociales et le principe de faveur.
  • Séparation des banques d’affaire et de détail et création d’un pôle public bancaire.
  • Smic net mensuel porté à plus de 1300€ net par mois (hausse immédiate de 16 %) et revalorisation du salaire des fonctionnaires.

On le voit, des mesures qui ne touchent que des gens ayant encore le privilège d’avoir un emploi à temps plein et un compte bancaire dans le vert. Pour les plus précaires, rien, si ce n’est quelques vagues promesses de << garanties >> disséminées au fil de l’ouvrage programmatique, mais sans rien de véritablement concret à la clé.

Les mesures d’urgence sociale existent. Il est regrettable de les avoir écartées de L’Avenir en commun.

Les mesures d’urgence sociale existent, les « insoumis en ont abondamment parlé sur le forum de jlm2017. Il est regrettable que Jean-Luc Mélenchon et son équipe les aient écartées. J’en avais moi-même listées quelques-unes dans mon propre projet :

  • un revenu d’existence (évolutif) pour tous :
  • un contrôle des prix pour les biens et services de première nécessité ;
  • des mesures de réquisitions et de réhabilitation pour des logements vides ou insalubres…

Le peuple des déclassés n’a pas le temps d’attendre un très hypothétique redressement économique du pays. Quand quelqu’un se noie, on ne lui demande pas d’attendre de pouvoir nager, on le tire de l’eau tout de suite !

L’urgence politique commande de voter pour la France insoumise à la prochaine présidentielle et c’est ce que je ferai. Mais il y a peu de chance que les millions d’électeurs en proie à la précarité perçoivent cette urgence politique tant qu’on ne leur proposera aucune solution immédiate pour échapper à leur misère sociale.

Jean-Luc Mélenchon a à peine quatre mois pour intégrer l’urgence sociale à son projet, faute de quoi il a toutes les chances d’échouer dès le premier tour de scrutin. Et même s’il parvenait malgré tout à l’emporter, nous serions ses plus farouches opposants s’il persistait à ne pas prendre en compte IMMÉDIATEMENT l’urgence sociale.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.