La pire des débâcles, c’est quand il ne reste plus que l’ironie, le sarcasme et la dérision

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La toute récente déclaration de candidature du premier ministre Valls n’a eu pour effet que de renforcer l’explosion d’ironie, de sarcasmes et de dérision qui déferlent quotidiennement sur les plateaux de nos médias.

De fait, l’ironie, le sarcasme et la dérision n’expriment plus rien d’autre qu’une terrible impuissance, un abandon inavoué, un désengagement travesti en rire de pure posture.

L’ironie, le sarcasme et la dérision participent de cette société du spectacle que dénonçait jadis Guy Debord. Ni l’un, ni l’autre ne sont en rien subversifs, mais témoignent d’une désolante et vaine comédie.

Autant l’humour d’un Coluche, d’un Desproges ou même d’un Fernand Raynaud pouvait être ravageur parce qu’il cognait sur un système au sommet de sa puissance, autant les moqueries d’une Sophia Aram, d’une Charlyne Vanhoenacker, d’un Laurent Ruquier ou d’un Yann Barthès sonnent dérisoire car ils ne tirent plus que sur de grotesques pantins. On attend leurs saillies sur les véritables patrons du moment, les Bouygues, Drahi, Lagardère, Pinaud…

On remarquera d’ailleurs que leurs « cibles » favorites s’accommodent si parfaitement de cet « humour » prétendument « décalé » qu’elles n’ont de cesse de se précipiter à leurs émissions. Au grand bonheur des publicitaires ravis d’accueillir autant de << cerveaux humains disponibles >>.

Non, la situation politique de notre pays en ce début de campagne présidentielle n’est vraiment plus drôle du tout. Une sinistre pitrerie, une débâcle, un naufrage qui ne prêtent vraiment plus à rire.

À ce stade, l’ironie, le sarcasme et la dérision apparaissent comme les ultimes pétards très mouillés d’un monde de paillettes révolu qui ne s’aime même plus.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.