Question sur la démocratie : est-elle vraiment le moins mauvais des systèmes ?

Premier hommage des Cubains à Fidel CastroPremier hommage des Cubains au « dictateur » Fidel Castro

À la grande surprise de nos éditocrates, le peuple cubain a réservé des funérailles grandioses à son « dictateur » Fidel Castro. Je connais des « élus du peuple » qui rêveraient d’avoir de telles obsèques, eux qui une fois en poste ne peuvent même plus sortir dans les rues sans se faire assaillir par des gens en colère.

Du coup, c’est la question de la démocratie qui se pose. Est-elle vraiment comme on voudrait nous le faire croire, « le moins mauvais des systèmes » ?

Castro, nous disait-on, a fait fuir ses élites, persécuté, emprisonné, torturé ses opposants (NB :on attend toujours la liste précise des victimes), affamé et mis sous joug policier ce qui lui restait de peuple.

Or voilà que les esclaves rendent un vibrant hommage à leur tyran disparu. Sur les photos de ces manifestations spontanées, on ne note même pas la présence massive de meutes policières, prêtes à « nasser » la foule à la moindre présomption de débordement.

Pendant ce temps, que nous donne la démocratie ? Des Bush, des Clinton, des Berlusconi, des Sarko et des Hollande, des Trump, bientôt peut-être des Fillon ou des Macron ou des Le Pen…

Remarquez, Poutine aussi est élu démocratiquement, mais lui, nous assurait hier encore Fabrice Drouelle dans son émission « Affaires sensibles » sur France Inter, c’est une << démocrature >>, pas une vraie démocratie bien de chez nous, même si l’animateur reconnaissait que l’autoritaire Poutine avait le soutien d’une grande majorité de ses concitoyens.

La démocratie reste à conquérir

C’est quoi notre vraie démocratie bien de chez nous ? Qu’est-ce qui fait que nous héritions de va-t-en guerre, de mafieux corrompus, de voyous sans scrupules, de crétins et de pantins rétrogrades… Élus par le peuple, vraiment ?

Ou choisis par les milieux financiers qui présélectionnent les candidats, sous la coupe réglée des instituts de sondages et des éditocrates qui les promeuvent ou les stigmatisent selon les critères du clergé dominant ? Imaginez le rétablissement de la vraie démocratie à Cuba, les millions de dollars qui débarqueraient illico de Floride pour pervertir le jeu démocratique, les « pressions amicales » des grands leaders occidentaux pour que le peuple cubain vote correctement.

Je vous arrête tout de suite : non, je ne vais pas dresser ici le panégyrique de la dictature, fusse-t-elle du prolétariat. Oui, je suis un fervent partisan de la démocratie, persuadé que celle-ci est bien « le moins mauvais des systèmes ».

Seulement voilà, la démocratie n’existe pas chez nous. Nous n’avons hérité que d’un leurre à couillons, perverti par la classe dominante. Depuis des années, nous votons dans la peur, pour les moins pires des pires candidats, qui à peine intronisés servent leurs sponsors plutôt que leurs citoyens. Jamais l’entourloupe n’a été aussi évidente qu’aujourd’hui, d’où la montée de ce qu’ils appellent les « populismes ».

La vraie démocratie peut sans doute exister, celle qui permettrait au peuple d’exercer un contrôle continu sur ses élus, qui offrirait à ses derniers l’occasion de le servir plutôt que de se servir. Mais cette démocratie-là, j’ai bien peur qu’il nous la faille encore conquérir. À la fleur du fusil, comme Fidel et le Che en leur temps ? Pas impossible.

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.