Délire : la Poutinophilie « scientifiquement » diagnostiquée en une du Washington Post

Photographie illustrant en une du Washington Post un article intitulé 'La propagande russe a contribué à diffuser des fausses nouvelles lors des élections, disent les experts'

L' »étude » réalisée par un obscur site connu de quelques paranoïaques, PropOrNot.com, serait probablement passée inaperçue si le prestigieux Washington Post ne l’avait relayée en une. Y sont minutieusement et « scientifiquement » décrits les symptômes d’une Poutinophilie carabinée.

Introduction très « pro » de Craig Timberg, journaliste au Washington Post :

<< Selon des chercheurs indépendants qui ont suivi l’affaire, le flot de « fake news » [fausses nouvelles, ndlr] répandues lors de cette saison électorale provient d’une campagne de propagande russe sophistiquée destinée à créer et diffuser en ligne des articles trompeurs ayant pour but de punir la démocrate Hillary Clinton, d’aider le républicain Donald Trump et de saper la foi dans la démocratie américaine. >>

Rien de nouveau dans ces accusations déjà distillées durant sa calamiteuse campagne par Hillary Clinton, candidate activement soutenue par le Washington Post. Craig Timberg les renforce en insistant sur la méthodologie de la propagande russe :

<< L’appareil de propagande de la Russie, de plus en plus sophistiqué — grâce à des milliers de robots informatiques, des équipes de « trolls » humains payés, des réseaux de sites Web, des comptes sociaux et médiatiques — a fait écho et amplifié des sites d’extrême droite sur Internet en dépeignant Clinton comme une criminelle cachant ses problèmes de santé et se préparant à livrer le contrôle de la nation à une cabale sombre de financiers mondiaux. Cette propagande a également cherché à intensifier les risques de tensions internationales et la crainte d’une montée des hostilités contre une Russie disposant d’armes nucléaires. >>

Le retour du maccarthysme

Joseph McCarthy, sénateur US de 1947 à 1957, célèbre par son inquisition anticommuniste, le <em />maccarthysme</em> » style= »float: right; margin: 0 0 1em 1em; »></a>Mais le plus drôlatique dans cette histoire, ce sont <a href=les symptômes pour dépister et contrer une Poutinophilie maladive, tels que répertoriés par les << chercheurs indépendants >> de PropOrNot :

  • être pro-Brexit ;
  • dénoncer les risques de Troisième Guerre mondiale et d’apocalypse nucléaire ;
  • se proclamer anti-mondialisation ;
  • attaquer le dollar comme monnaie de référence mondiale ;
  • accuser les médias mainstreams occidentaux de mensonge et de propagande ;
  • dénigrer les « experts » économiques et financiers ;
  • attiser les craintes sur la dette nationale ;
  • montrer du doigt les brutalités policières, les tensions raciales, les manifestations anti-gouvernementales…

Enfin, les << chercheurs indépendants >> de PropOrNot dressent la liste des dangereux médias colporteurs de cette propagande russe visant à dynamiter la démocratie américaine : Russia Today, Sputnik, mais aussi Wikileaks, Zero Hedge, Antiwar.com, Counterpunch, Ron Paul Institute, LewRockwell.com…

Joseph McCarthy, le retour ?

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