Jean-Luc Mélenchon ne passera pas au second tour de la présidentielle s’il ne se décide pas à parler au peuple

France_insoumise.jpg

Terminée la présidentielle US : Trump est élu, point. Passons à la française. Au premier tour, je voterai Mélenchon parce qu’il est le plus proche de mes idées. Mais je suis désespéré parce qu’au train où il va, mon candidat n’a aucune chance de passer au second tour : Mélenchon parle aux « insoumis » quand il faudrait parler au peuple.

Le peuple, lui, n’est pas « insoumis », il est juste malheureux. Et comme tous les gens malheureux, il a la trouille qui lui fait parfois faire n’importe quoi.

Son problème au peuple, c’est juste de terminer la fin de chaque mois, l’avenir de plus en plus incertain de ses enfants. Il s’en fout, le peuple, des péroraisons à n’en plus finir sur Jaurès ou sur Robespierre, sur la France des Lumières ou des barricades.

Ce qu’il veut, lui, le peuple, c’est qu’on lui propose des solutions bien terre à terre à ses problèmes. Que voulez-vous que ça lui fasse, au peuple, l’augmentation du SMIC mensuel quand la plupart du temps il ne travaille pas à temps complet ou même qu’il ne travaille pas du tout ?

Et cette économie de la mer que lui promet le candidat, c’est pour dans combien de temps qu’elle lui assurera un boulot, au peuple ? Lui, c’est TOUT DE SUITE qu’il lui en faudrait un pour payer son loyer, une chemise ou une jupe nouvelle à ses mômes, une séance de dentiste pour cette maudite molaire qui le taraude.

Un boulot ou au moins un revenu minimum d’existence en attendant mieux.

Il s’en fout, le peuple, de la baston avec les oligarques de Bruxelles, du plan A ou du plan B pour rester ou sortir d’une Europe de toute façon pourrie à l’os. Lui, le peuple, il lui a déjà dit non à l’Europe. Le 29 mai 2005. Le reste, c’est du cinéma.

Les bisbilles du candidat avec les journalistes, il regarde ça un peu comme on regarde une baston entre pochards à la sortie d’une soirée trop arrosée, mi-amusée, mi-agacée, voire complètement indifférent et las. Le peuple, il voudrait plutôt qu’on s’adresse à lui, qu’on soit gentil et compréhensif avec lui.

Le problème de Mélenchon, c’est qu’il parle aux militants,  les « insoumis » (encore que ceux-là, faudrait voir dans leur vie de tous les jours…). Et les militants, ça fait beaucoup de bruit dans une manif entre Bastille et République, mais ça ne fait pas forcément une majorité suffisante.

<< Au nom du peuple >>, ça aurait fait un chouette slogan. Mais pour l’instant, c’est celui que vient de choisir Le Pen.

A propos de Pierrick Tillet 3813 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.