Une révolution politique : la fin du bipartisme faux-cul

Bipartism dance

Le bipartisme, cette fausse alternance politique dont se servait le système pour se parer d’un vague verni démocratique, est en train d’éclater. On devrait s’en réjouir, et pourtant non. Du moins pas encore.

Il y a longtemps que ce triste rimmel avait coulé et ne trompait plus personne. Que l’on ait affaire à une alternance vraiment de droite ou à une alternance plus vraiment de gauche, on savait bien qu’on aurait droit exactement aux mêmes politiques, aux mêmes petites combines pour défendre exactement les mêmes intérêts très particuliers.

Mais enfin, l’ensemble tenait faute d’opposition sérieuse et la rombière continuait d’arpenter les trottoirs sous sa couche de peinture de plus en plus fossilisée.

Des grains de sable dans les rouages du système

Or voilà que le verni est en train d’exploser à la gueule de ceux qui s’en tartinaient. Des trublions se sont emparés de certains des organismes laborieusement mis en place par le système pour assurer sa pérennité :

  • Trump à la tête du Parti Républicains aux États-Unis (sans oublier les chatouillis de Sanders du côté Démocrates) ;
  • Corbyn aux commandes du Labour britannique.

Des mouvements sont apparus qui mettent un grain de sable vicelard dans le jeu de l’alternance pépère, quand ils ne l’empêchent pas tout bonnement de s’exercer :

  • paralysie politique en Espagne avec l’émergence de Podemos et de Ciudadanos :
  • règne du bipartisme allemand CDU/SPD menacé par la montée en puissance de l’AfD ;
  • très possible prochaine victoire de l’extrême-droite en Autriche ;
  • duel probable de second tour avec un FN solidement en tête lors de la prochaine présidentielle française de 2017.

La catastrophe comme unique délivrance ?

Que le bipartisme faux-cul morde la poussière ne peut que satisfaire les impatients du monde d’après. Qu’une frange grandissante des populations rue dans les brancards et s’en prenne enfin aux représentants d’un système imbuvable ne peut être qu’encourageant.

Seulement, il y a encore comme une gêne. Les nouveaux arrivants sur la scène politique ont les gueules pas très avenantes de l’extrême-droite la plus régressive. Les émergents de gauche, eux, font plutôt pâle figure : le ralliement de Sanders à Clinton, les atermoiements de Corbyn lors du référendum sur le Brexit, le piétinement de Podemos en Espagne (mais aussi de Mélenchon en France), sans oublier la débandade Tsipras en Grèce.

<< Comment ça va se terminer, tout ça ? >>, me demandait un ami l’autre soir. Par une catastrophe, ai-je répondu. Les humains ne retrouvent jamais leur raison qu’une fois les catastrophes survenues.

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