Hillary Clinton, présidentielle autrichienne : la démocratie proche du burn-out

Hillary_Clinton_burn-out.jpgVoiture officielle ou corbillard ?

Entre le feuilleton des bulletins médicaux sur l’état de santé d’Hillary Clinton et une présidentielle autrichienne qui ne parvient pas à se tenir pour cause de colle défectueuse, la démocratie présente tous les signes d’un très proche burn-out.

Qu’est-ce qu’elle a au juste Hillary Clinton ? Entre une allergie qui lui déclencha une quinte de toux monumentale lors d’un discours prononcée le 5 septembre à Cleveland, un coup de chaud qui la fit vaciller le jour commémoratif du 11-septembre 2001 (NB : le thermomètre affichait ce jour-là la température très tempérée de 69 degrés Fahrenheit, soit 21 degrés Celsius) et la révélation sortie du chapeau d’une pneumonie qui aurait dû la tenir alitée au moment même où elle ressortait toute guillerette de l’hosto en clamant que tout était << great >>, l’observateur est en droit de se plaindre d’un vertigineux tournis.

Le problème en fait n’est plus de connaître l’état de santé de la dame, mais de constater qu’Hillary Clinton est infoutue de sortir du mensonge et de la dissimulation, sur quelque sujet que ce soit : mensonges sur son état de santé véritable, mensonges sur les contenus délirants de sa boîte mail privée, dissimulations sur les origines des sommes faramineuses alimentant la Fondation Clinton…

Tout ça commence à faire si désordre que son propre camp démocrate commence à suggérer le nom de Joe Biden comme éventuel remplaçant au pied levé de la candidate défaillante. Tiens, pourquoi Joe Biden ? À ma connaissance, il n’a pas participé aux primaires, celui-là, ou alors il y a très longtemps, en 1988 et en 2008 où il s’est fait sévèrement étriller ? Pourquoi ne pas rappeler le second de la dernière course, Bernie Sanders ? Ne cherchez pas la réponse à toutes ces questions. Il n’y en a pas (d’honnêtes).

La démocratie-kleenex

Mais si vous tenez vraiment à vous triturer les méninges, interrogez-vous sur ce qui est en train de se passer en Autriche. Je résume : le 24 avril dernier, le candidat d’extrême-droite dominait assez largement l’élection présidentielle quand, surprise, après décompte des votes par correspondance, il se voyait coiffer sur le poteau par le candidat écologique nettement plus consensuel.

Le coup était si grossier que le Congrès autrichien finissait par admettre qu’il y avait eu quelques entourloupes (ce qui signifie que le candidat d’extrême-droite l’avait bien emporté !) et organisait un nouveau scrutin pour le 8 octobre prochain. Mais là, patatras bis, l’élection vient à nouveau d’être repoussée au 4 décembre, comme dans une vulgaire république bananière… pour une sombre histoire de colle non réglementaire sur les enveloppes de votes par correspondance !

Vous êtes perplexes devant cette série de déconvenues, citoyens-électeurs ? Ne cherchez pas, il n’y a aucune explication (acceptable). Ou alors, jetez un coup d’œil du côté des sondages autrichiens qui prédisaient une victoire encore plus éclatante du candidat d’extrême droite le 8 octobre.

La démocratie là-dedans ? Ben voilà, vous l’avez cherché, vous voilà vous aussi au bord du burn-out. La démocratie, pour ces gens-là, voyez-vous, c’est comme un kleenex : ou elle les sert, ou ils la jettent. À moins qu’ils ne finissent par tomber eux-mêmes de haut, comme des fruits blets, comme Hillary Clinton…

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