Un royaume rongé de l’intérieur : l’Arabie saoudite incapable de payer ses salariés

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Un mythe s’écroule et le roi (Albdulaziz Al Saoud) est nu : frappée par la baisse considérable des prix du pétrole, ruinée par sa guerre absurde au Yémen, l’Arabie saoudite est désormais dans l’incapacité de payer les salaires de ses travailleurs locaux ou étrangers,

Selon le Saudi News, cité par le journaliste Robert Fisk,  31 000 d’entre eux n’ont absolument rien touché depuis plusieurs mois. Les ambassades indiennes et pakistanaises s’en sont émues auprès des autorités saoudiennes. Le consulat indien a même dû fournir lui-même des produits alimentaires à ses ressortissants pour qu’ils puissent se nourrir.

La crise est d’autant plus grave qu’elle touche les grands chantiers lancés par le régime. La compagnie pétrolière Aramco accuse un déficit budgétaire de 100 milliards de dollars et n’a plus les moyens d’honorer ses factures.

Devant ce marasme, la réaction du gouvernement saoudien oscille entre déni et agressivité. Quand ils ne sont pas tout bonnement interdits de sortie de territoire, les salariés étrangers en panne du moindre revenu sont accusés… de jalousie :

<< Beaucoup d’ expatriés nous haïssent et sont en colère parce que nous sommes un pays riche. Certains d’entre eux vont même jusqu’à dire que nous, les Saoudiens, ne méritons pas cette bénédiction et l’argent que nous avons. Telle est la raison pour laquelle certains d’entre eux deviennent violents quand ils ne sont pas payés à temps >> (Abdulrtahman Saad Al-Araabi, membre de la Maison royale saoudienne et ancien sous-ministre de la Défense).

Pas d’échos non plus de cette faillite royale dans la presse occidentale. Il faut dire que la calamiteuse opération « Tempête décisive » au Yémen — rebaptisée récemment opération « Retour de l’espoir », sans doute parce que celui-ci est supposé faire vivre — continue de plus belle avec la bénédiction suicidaire des puissances occidentales. Celles-là même qui fournissent sans désemparer le royaume en armes de destruction massive de civils yéménites, allant jusqu’à évoquer, comble du cynisme et de la démence, et malgré le cancer galopant du terrorisme, des raisons de sécurité intérieure :

<< Si nous continuons à vendre des armes à l’Arabie saoudite, c’est pour que les gens restent en toute sécurité dans nos rues de Grande-Bretagne >> (Theresa May, Première ministre britannique).

L’observateur un tant soit peu lucide sait bien, lui, que les empires ainsi rongés de l’intérieur s’approchent de l’anéantissement. Ne reste plus à cet observateur impuissant qu’à attendre le dénouement de la chute en comptant les victimes de tous ces fous furieux.

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