L’assassin de Joe Cox : un déséquilibré néonazi pro-race blanche et islamophobe

ILLUSTRATIONJo Cox et Anna Lindh, assassinées par des déséquilibrés mentaux à la veille de référendums concernant l’Union européenne

<< Tuée en pleine campagne, Jo Cox militait pour le maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE >>, titrait Le Monde juste après l’annonce du décès de la jeune députée travailliste. Pourtant la personnalité de son assassin présumé suggère un tout autre mobile.

Selon le Southern Poverty Law Center, un groupe de défense des droits civiques, Thomas Mair, 52 ans, était << un partisan dévoué de National Alliance >> groupe néonazi américain prônant le suprématisme blanc. Les archives du Southern Poverty Law Center indiquent que Thomas Mair aurait dépensé plus de 620 dollars dans des ouvrages du National Alliance.

<< Britain first >>, le cri qu’aurait lancé l’agresseur selon un témoin, est aussi le nom d’un parti politique britannique formé en 2011 qui milite contre l’immigration de masse et contre ce qu’il considère comme l’islamisation du Royaume-Uni.

Or Jo Cox n’était pas seulement une militante pro-euro, elle était aussi connue pour son engagement actif en faveur de l’accueil des réfugiés syriens en Grande-Bretagne.

Par ailleurs, selon le frère du suspect interrogé par le Daily Telegraph, Thomas Mair connaissait de sérieux problèmes psychologiques au point d’avoir dû subir un traitement psychiatrique par le passé. La sauvagerie de l’agression — des coups de feu, puis des coups de couteau — corrobore bien la version d’un acte commis par un déséquilibré.

Le fantôme d’Anna Lindh assassinée en 2003

Tous ces éléments n’ont pas empêché une récupération politique aussi outrancière que précipitée du meurtre de Jo Cox par des partisans européistes du « remain », en plein désarroi après une flopée de sondages défavorables.

Comme le rappelle opportunément le site Les Moutons enragés, la récupération politique d’un tel événement n’est hélas pas une première. En 2003, une campagne battait son plein pour le rattachement ou non de la Suède à la zone euro. Les sondages penchaient en faveur du camp des partisans de la couronne suédoise.

Quatre jours avant le scrutin, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Anna Lindh, 46 ans, pro-euro, était assassinée à coups de couteau par un déséquilibré mental, Mijailo Mijailović, issu de l’immigration serbe. Sans souci des circonstances de ce drame, les partisans de l’euro tentèrent là encore d’exploiter l’événement pour retourner l’opinion en leur faveur.

Peine perdue, le résultat du référendum resta conforme aux prévisions des instituts de sondage : 56 % des Suédois se prononcèrent pour le maintien de la couronne suédoise.

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