#NuitDebout : je me fous du 49.3 comme de la présidentielle 2017

ILLUSTRATION

Beaucoup d’émoi autour de l’utilisation du 49.3 pour faire passer en force la loi Travail. En réalité, la problématique qui se pose désormais va bien au-delà du pensum imposé par Bruxelles et mis en forme par les ganaches qui nous gouvernent : par delà cette loi emblématique de toutes leurs saloperies, ce sera eux ou nous.

<< Stratégiquement, la situation est des plus simples >>, résume le site lundimatin. << Nous voulons destituer ce qui nous gouverne ; et ce qui gouverne veut se maintenir, à n’importe quel prix. Il n’y a pas de question de « violence » là-dedans, il y a deux volontés qui s’affrontent : nous voulons les renverser et ils ne le veulent pas. Libre à eux. L’affaire sera tranchée sous les yeux de tous. >>

Il y a presque bientôt deux mois, naissait un mouvement populaire inédit : #NuitDebout. Or non seulement celui-ci ne donne pas le moindre signe d’essoufflement, non seulement il est parvenu à sortir quasi sans encombres des pièges grossiers tendus par les fossiles du monde d’avant : #NuitDebout = « crise d’adolescence » bobo contaminée par des « casseurs organisés ». Mais le voilà qui mue, quitte le cadre étriqué de ses places républicaines, se radicalise et se propage, non seulement dans les rues et les lieux publics ou privés, mais pire encore, dans les esprits.

<< Ce qui se passe en ce moment en France >>, écrit le rédacteur éclairé du site lundimatin, << ne peut être décrit comme un « mouvement », a fortiori comme un « mouvement social », dont on pourrait guetter la fin et disserter chaque semaine sur les signes qui l’annoncent. Nous sommes entrés dans une phase politique de plateau, un moment de forte intensité conflictuelle qui durera jusqu’à la présidentielle. >>

<< Rendre impossible le lancement de la campagne présidentielle >>

Puisqu’on parle de la prochaine présidentielle, ce hochet sur lequel vont se jeter les médias pour tenter de diluer un courroux  populaire grandissant, autant vous prévenir tout de suite : je m’en fous comme du 49.3 de madame el Khomri. Pas la peine d’insister, je ne participerai pas à cette farce pénible mise en scène sous état d’urgence par les instituts de sondages et les éditocrates des médias mainstream sous les auspices d’une Constitution dévoyée.

Le danger FN ? Pour l’instant et depuis des décennies, c’est le danger LR/PS qui commet ses ravages. L’espoir Mélenchon ? Que celui-ci se mette au service de la #NuitDebout en proposant une candidature visant EXCLUSIVEMENT à mettre en place une Constituante signant la fin de la Vème République. Le verdict majoritaire ? En 40, de Gaulle non plus n’avait pas le soutien majoritaire.

<< Rendre impossible le lancement de la campagne présidentielle, tant l’intensité politique qu’elle porte s’impose à l’insignifiant « débat politique » >>, revendique lundimatin. << Sa victoire [celle du mouvement #NuitDebout, ndlr], si victoire il y a, résidera dans le fait de déployer une richesse de formes et de vie telle, dans l’année qui vient, que la politique telle que nous l’avons connue disparaîtra sans regret et l’élection présidentielle n’aura pas lieu. Elle a vocation à finir ce monde finissant mais qui voudrait bien encore finir pendant quelques siècles. >>

Un brin ambitieux ? Et alors ! Quand on a à dispo un mouvement comme #NuitDebout, on ne mégote pas, on fonce dans le lard. Car ainsi conclut le billettiste de lundimatin, que je plussoie ici sans l’ombre d’une hésitation :

<< Il n’y a plus de position neutre : tous ceux qui s’expriment autour de ce qui gronde en France en ce moment se rangent d’un côté ou de l’autre, pour la destitution du gouvernement ou contre elle. Entre les deux, il n’y a rien. >>

=> Lire aussi : << Car « révolution » n’est pas un mot dans nos bouches, mais un feu dans notre cœurs >> sur le site lundimatin.

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Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.