#NuitDebout : deux syndicats policiers dénoncent la très douteuse passivité de leur hiérarchie face aux casseurs

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Désordre dans le maintien de l’ordre ? Deux syndicats policiers, et non des moindres, viennent de dénoncer l’attitude étrangement passive de leur hiérarchie face aux exactions pourtant largement prévisibles des « casseurs ».

Que cette protestation émane de la CGT Police peut à la rigueur se comprendre. Mais plus étonnant le fait qu’elle soit reprise à son compte par Alliance Police Nationale, syndicat policier majoritaire classé très à droite.

Alexandre Langlois, secrétaire général de la fédération CGT Police :

<< Prenons l’exemple du 9 avril. En fin de journée, nous savons qu’un groupe de casseur dangereux vient d’arriver Gare du Nord pour aller perturber Nuit Debout à République. Une compagnie de CRS se trouve sur leur passage, prête à intervenir. Mais l’ordre leur est donné par la préfecture de se pousser dans une rue adjacente ! Les collègues leur signalent l’imminence de l’arrivée du groupe de casseurs. Mais ordre leur est confirmé de les laisser gagner place de la République, avec les conséquences que l’on connait. >>

Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance Police Nationale :

<< Lorsque vous voyez des casseurs détruire les vitrines, saccager des panneaux publicitaires, se servir des tubes néons à l’intérieur pour attaquer les forces de l’ordre et que des policiers mobilisés sont en face d’eux et qu’ils doivent attendre une heure en face d’eux pour intervenir, on se demande bien pourquoi.​

L’État doit prendre ses responsabilités, ne pas nous laisser attendre des heures face à des casseurs identifiés, qu’on pourrait même peut-être préventivement assigner à résidence dans le cadre de l’état d’urgence ou interpeller. >>

Mais Jean-Claude Delage porte encore plus loin ses accusations :

<< Je pense que ça vise aussi à discréditer le mouvement social et syndical parce qu’évidemment, lorsque des syndicalistes manifestent contre un texte et qu’il y a des casseurs qui cassent tout dans le quartier, que les riverains sont exaspérés et que la police ne peut pas rapidement intervenir, et bien ça discrédite aussi quelque part le mouvement social. >>

De là à penser que les syndicats policiers, de gauche comme de droite, accusent leur autorité de tutelle de mener une vicieuse politique de la terre brûlée, il n’y a qu’un pas que nous franchirons sans aucun problème. Mais nous n’oublierons pas non plus que le 1er mai ce ne sont pas seulement les « casseurs » qui semèrent la merde.

Le 18 mai prochain, plusieurs syndicats policiers, dont Alliance Police Nationale, appellent à une grande manifestation contre la << haine des flics >>… place de la République à Paris !

Chiche qu’ils viennent s’expliquer en AG (et en civil) avec les manifestants de #NuitDebout.

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