#NuitDebout : comment rallier les banlieues, les salariés, les chômeurs, les SDF, les sans-papiers…

Photo : Stéphane Burlot

Le mouvement #NuitDebout est né dans l’euphorie. Il s’étend et se poursuit dans l’enthousiasme. Mais s’il entend perdurer et devenir le contre-pouvoir puissant qu’il entend être, il lui faudra rallier d’autres couches sociales de la population.

Je ne sais plus quel interlocuteur ou commission de la place de la République à Paris suggérait d’envoyer des ambassadeurs dans les banlieues. D’autres déjà parlent naturellement d’attirer les salariés.

Mais il y a bien d’autres classes sociales à convaincre pour se revendiquer d’un mouvement populaire : les chômeurs, les SDF, les précaires de tout poil, les sans papiers…

Les émissaires de #NuitDebout doivent s’installer aux portes des Pôles emploi, des centres d’hébergement, des préfectures…

Trouver un langage commun

Mais rallier les autres couches sociales de la population implique également que l’on trouve un langage commun. Sortir de nos places et aller vers les autres, c’est aussi abandonner notre petit entre-soi, notre petit jargon et nos petites plaisanteries pour initiés.

On ne séduira pas les banlieues, les salariés et les précaires de tout poil en les invitant à cultiver des carrés potagers sur une place publique, en les paumant avec des dates fantaisistes genre 42 ou 43 mars.

Les couches sociales que nous voulons rallier se foutent très probablement du « rêve général ». Ce qui les intéresse eux, c’est de sortir du merdier dans lequel le vieux monde les a fait plonger.

La #NuitDebout doit apprendre à parler AVEC les autres, pas AUX autres, cette vieille manie propre à tous les donneurs de leçons, des missionnaires dans les colonies aux politiciens que nous combattons aujourd’hui.

A propos de Pierrick Tillet 3745 Articles
Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.