Abdeslam : le « cerveau présumé » était un vulgaire second couteau

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Finalement, il eut mieux valu pour leur réputation qu’Abdeslam soit descendu sans autre forme de procès lors de son arrestation. Parce que ce qu’il nous apprend de son rôle dans les attentats du 13 novembre n’est guère en l’honneur des autorités politiques et des policiers européens chargés de sa traque.

Que découvre-t-on dans les premières déclarations à la justice belge de cet ennemi public numéro 1, pourchassé quatre mois durant et finalement cueilli… à 500 mètres de chez ses parents ? 

  • il s’est chargé de la location des véhicules et des planques pour sa bande ;
  • il a servi de chauffeur à ces derniers ;
  • il était censé se faire exploser dans l’enceinte du Stade de France et s’est dégonflé.

Bref, le portrait-type du second couteau pâlichon et plutôt lâche. On est loin du << cerveau des attentats de Paris >> tel que le présentaient les autorités et les médias jusqu’à son arrestation. Et tout là-bas, les « califes » de l’État islamique doivent bien rigoler en entendant le ministre français Cazeneuve proclamer qu’<< un coup important a été porté à l’organisation Daech en Europe >>.

L’inanité de l’état d’urgence

De fait, l’arrestation et les aveux d’Abdeslam, médiocre petit caïd radicalisé de Molenbeek en Belgique, mettent surtout en lumière l’inanité de l’état d’urgence imposé par les autorités européennes dans leur lutte anti-terroriste. Il ne suffit pas de lâcher une soldatesque armée jusqu’aux dents dans tous les lieux publics pour mettre hors d’état de nuire les apprentis kamikazes.

Pire, cette bien tardive arrestation — << de Molenbeek à Molenbeek >>, raille le journal belge Le Soir — sème un peu plus la zizanie dans l’unité européenne face aux menaces terroristes, En l’occurrence, certains responsables français n’ont pas tardé à défausser la responsabilité de leur pays sur leurs homologues belges << totalement dépassés >> :

<< Soit Salah Abdeslam était très malin, soit les services belges étaient nuls, ce qui est plus vraisemblable >> (Alain Marsaud, député LR et ancien magistrat anti-terroriste).

C’est oublier que c’est bien à Châtillon (France) que le téléphone d’Abdeslam fut repéré sans qu’on attrape son propriétaire, que c’est bien en France que celui-ci franchit sans encombre un contrôle policier et que c’est de France qu’il fut exfiltré en Belgique par deux comparses après les attentats du 13 novembre.

On ne se plaindra pas de voir le terrorisme recruter des activistes aussi médiocres que cet Abdeslam. Mais pas sûr que cette piètre histoire d’incurie policière soit de nature à rassurer les citoyens européens sur l’efficacité de leurs autorités protectrices, surtout face à des réseaux manifestement implantés sur leurs propres territoires et bénéficiant d’aussi étonnantes complicités.


EDIT : ça vient de sortir :

Abelslam aurait déclaré qu’il << était prêt à recommencer quelque chose >>. Aussi sec, le ministre belge Reynders relaie publiquement cette déclaration sans la moindre précaution, ni le moindre scrupule. Plus con et tordu, tu meurs !

A propos de Pierrick Tillet 3645 Articles
Un "voyageur à domicile" en quête d'un changement de civilisation.