Pour Caleb Irri, la solution de la crise est dans la sédition

Il y a de rares blogueurs que l’on suit avec un intérêt particulier, pour la justesse de leurs analyses et l’évidence des solutions proposées. C’est le cas de Caleb Irri et de ses « Pensées doubles », un blog improbable, basique de chez basique, mais aux textes lumineux.

Son tout dernier traite de la crise en Europe. Pour lui, ni une ni deux, par d’autres solution qu’une bonne sédition. Caleb Irri s’amuse de la définition que donne de ce mot le dictionnaire Larousse en ligne :

<< – Autrefois, soulèvement concerté et préparé contre l’autorité établie. (Il s’agissait d’un crime contre la sûreté de l’État.)
– Aujourd’hui, attentat, complot, mouvement insurrectionnel. >>

Bref, la sédition, ce mouvement contre un (dés)ordre établi, c’est, pour les tenants de la langue établie, du terrorisme. Pas nouveau, les établis font le coup à chaque fois, les résistants de la dernière grande guerre en savent quelque chose.

Les marchés n’ont aucune légitimité démocratique

Caleb Irri balaie d’un revers de clavier l’objection démocratique que d’aucuns opposeraient à l’idée de sédition. Sont-ils élus ces marchés financiers qui dirigent aujourd’hui le monde, l’Europe en particulier ? Quel processus électoral a donné un tel pouvoir à ces puissances occultes qui prétendent imposer leurs diktats aux majorités terrifiées ?

Aujourd’hui, du fait de la Grande crise, le rapport de force n’est plus forcément dans le camp des puissants. On le voit bien par leur affolement lorsque quelque menace se précise. Comme celle de la montée en puissance de Syriza en Grèce avec le coup de poker défensif des marchés : où vous votez bien, ou vous dégagez de la zone euro ! Et que ça serve de leçons aux autres !

Coup de poker au demeurant risqué car Alexis Tsipras, leader de Syriza, a immédiatement fait remarquer que la zone euro et ses banques auraient plus à y perdre que la Grèce elle-même. Eh oui, lors d’une crise financière, il arrive que ce soit les débiteurs qui se retrouvent en position de force face aux créanciers.

Une arme de destruction massive non violente

Pas question en tout cas de céder aux menaces de ces derniers. Caleb Irri :

<< On nous dit que si on taxe trop les riches ils vont partir. Mais ne l’ont-ils pas déjà fait [en planquant leurs fortunes dans les paradis fiscaux, ndlr] ? On nous dit que les licenciements et les délocalisations vont faire s’effondrer toute l’Europe. Mais n’est-elle pas déjà en train de se désagréger ? Et les grandes entreprises ne délocalisent-elles pas déjà depuis des décennies ? >>

Caleb Irri rêve d’un grand rassemblement d' »indignés » pour faire front commun face aux marchés en pleine débandade. Mais les séditions n’ont-elles pas aussi été le fait au départ de minorités agissantes, quand les majorités molles se recroquevillaient encore sous l’orage ?

En tout état de cause, on le voit bien, plus la peine d’espérer de compromis avec les tenants du système décati. Une seule solution, elle passe par une rupture : la sédition. Celle-ci dispose d’une arme de destruction massive non violente redoutable : on ne paie plus !

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Un voyageur à domicile en quête d'une nouvelle civilisation.