#MerciPatron : « leur faire peur » d’accord… mais où étaient les Klur ?

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Dans la foulée du buzz autour du film Merci Patron ! (un polar désopilant), était organisée, mardi 23 février à la Bourse du Travail de Paris, une grande soirée sur le thème << leur faire peur >> dont l’objectif avoué était de fédérer l’ensemble des luttes, l’ensemble des parties concernées par la crise sociale et l’effondrement du vieux monde.

François Ruffin :

<< Tant qu’on ira de façon séparée, on perdra.
Donc, l’objet de cette rencontre, au-delà des prises de parole en public, c’est que se croisent des rouges et des verts, des prolos et des intellos : pouvons-nous aller vers une initiative commune ? >>

Or que vit-on et qu’entendit-on ce soir-là à la Bourse du Travail de la place de la République à Paris ?

Un défilé d’intellectuels ou de représentants syndicaux discourant à n’en plus finir devant un parterre électrisé de militants archi-convaincus applaudissant à tout rompre…

Les absents n’ont pas toujours tort

Mais les Klur, où étaient les Klur ? Où étaient les membres des classes précaires ou moyennes ? Chez eux, c’est-à-dire nulle part. En tout cas, pas place de la République à Paris

On objectera qu’après tout les absents ont toujours un peu tort. Que les Klur peuvent sans doute s’exprimer (à la rigueur) dans l’intimité d’une conversation privée, chez eux, mais guère devant le parterre d’une foule aussi déchaînée qu’exigeante dans une arène politique surchauffée. Il n’empêche, et c’est bien ma réserve pour ce genre de soirée, que l’événement n’était juste pas pour le « peuple » dont se réclamaient les orateurs.

Bon, ne mégotons pas. Les militants ont aussi le droit de se rencontrer et de s’encourager. N’empêche que pour fédérer TOUS les acteurs du grand mouvement subversif dont rêvaient les participants de la Bourse du Travail, il faudra inventer d’autres genres de manifestations. Beaucoup plus populaires et festives, avec beaucoup moins de discours et, disons, une convivialité moins hiérarchique.

Que demande le « peuple » ? Certainement plus de chaleur humaine et d’occasion de se retrouver que de leçons de révolution aussi brillantes soient-elles. Avec des merguez, et des attractions foraines pour se défouler un peu. Un bon jeu de chamboule-tout avec les effigies de tous les Bernard Arnault honnis est bien plus mobilisateur qu’un chapelet de longues oraisons idéologiques. 

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