Bourse, pétrole, mortalité, état d’urgence… : tous les indices de l’effondrement sont au rouge

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L’effondrement d’un système ne tient pas à la chute d’un élément de l’édifice, mais à la conjonction de plusieurs dégringolades. Or aujourd’hui, tous les indices marquant l’état de santé d’une société sont au rouge plus que vif.

1 – Finance

Malgré un rebond lundi, essentiellement dû à l’espoir fou des « investisseurs » en une énième intervention des banques centrales, la chute des cours a repris sur l’ensemble des places boursières. Elle dépasse ce mardi matin le seuil critique des -3 % et fait suite à un gadin continu depuis plus de deux semaines.

Les grosses banques elles-mêmes, « trop grosses pour mourir » en 2008, sont devenues aujourd’hui carrément « trop grosses pour être sauvées ». Les cris d’alarme fusent tant à New-York (Citigroup, JP Morgan) qu’en Italie, en Espagne, au Portugal…. Sans parler de la situation calamiteuse en Grèce et même en Suisse ou en Allemagne avec les pertes phénoménales enregistrées par Deutsche Bank en 2015.

2 – Économie

La chute des prix du pétrole est emblématique de la dégradation économique mondiale. D’abord parce que l’or noir est le moteur central de l’économie capitaliste. Ensuite parce que cette baisse n’entraîne absolument pas les effets positifs escomptés par les grands prêtres des marchés.

Vous allez voir ce que vous allez voir, exultaient ceux-là lorsque la baisse commença en 2014 : la baisse des prix du carburant va doper la consommation des ménages, la reprise de la croissance, l’inversion de la courbe du chômage… Résultat, après deux ans d’un gadin de -75 %, que dalle !

Ajoutons à ceci que l’injection mensuelle de quelques 60 milliards de fausse monnaie par la Banque centrale européenne n’eut pas non plus le moindre effet.

3 – Mortalité

Ça vient de tomber : en 2015, en France, le solde des décès par rapport aux naissances a été le plus faible enregistré depuis quarante ans.

Selon l’Insee, le nombre des décès est << au plus haut depuis l’après-guerre >> et l’espérance de vie est repartie à la baisse. Évidemment, les excuses tombent drû, certaines recevables (une épidémie de grippe particulièrement vicieuse en début d’année), d’autres complètement imaginaires (qui se souvient d’une << vague de froid en octobre >>, avec températures prolongées au-dessous de zéro et verglas meurtrier ?).

La baisse constatée des naissances, elle, ne peut guère être imputée aux virus malins ou aux fantaisies climatiques. Et on attendra avec impatience les chiffres sur la mortalité infantile[1] pour avoir une idée véritable de l’état dont la santé est aujourd’hui gérée en France. N’est-ce pas dans nos hôpitaux que l’on renvoie désormais chez eux des patients tout juste sortis d’une intervention chirurgicale, par manque de lits, d’infirmiers et d’aides-soignants ?

4 – État d’urgence

On l’a déjà dit ici, la déclaration précipitée d’un état d’urgence sous la pression de désordres est l’ultime stade de l’effondrement d’une société civile malade. Les mesures prises par nos autorités complètement dépassées visent d’ailleurs plus les écolos de NDDL que les suppôts de Daesh : une seule mise en examen sous ce motif sur 3000 perquisitions.

Rappelons aussi qu’avant que des fous furieux n’abattent quelques 250 de nos concitoyens, le plan Vigipirate était déjà au taquet à son niveau le plus élevé. Pour quels résultats ?

Arrêtons-là ce triste bilan. Je conçois que celui-ci soit déprimant. Mais puisqu’il est dit que les collectivités humaines ne sont capables de réagir qu’APRÈS les catastrophes, autant montrer et démontrer sans tarder qu’il y en a bel et bien une en cours aujourd’hui.

Notes:

[1] On rappellera que c’est après avoir constaté la hausse de la mortalité infantile en Russie qu’Emmanuel Todd put prédire la chute de l’empire soviétique. On notera que la mortalité infantile est d’ores et déjà repassée à la hausse aux États-Unis.

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