Quand François Leclerc chronique la « Grande perdition »

Grande-perdition-Francois-Leclerc.jpg« Chroniques de la Grande perdition ». Eh non, elle n’est pas de moi, celle-là ! Il s’agit du titre du dernier ouvrage de François Leclerc (éditions Osez la république sociale !, 168 pages, 8,50 €). Vingt-neuf chroniques allant du 20 septembre 2011 au 28 mars 2012, initialement publiées chez Paul Jorion (qui préface).

Le lecteur familier de mes propres chroniques trouvera dans le titre de François Leclerc quelques similitudes avec les propos que j’y tiens habituellement. L’appellation « Grande perdition » pour qualifier la crise actuelle, par exemple.

Eh bien, il faut que je vous fasse un aveu : c’est moi qui ai tout piqué à François Leclerc ! Pareil pour la plupart des petits billets que je ponds sur le grand gadin systémique en cours : (presque) tous basés sur des infos outrageusement fauchées chez l’incontournable maître François.

Francois_Leclerc.jpegJe serais bien en peine de vous présenter François Leclerc. Je ne sais pas vraiment qui il est, ni ce qu’il fait dans la vie, ni si le soir il se roule par terre avec son costume trois-pièces pour faire marrer ses mômes. Et puis un nom passepartout pareil, je vous jure : « François Leclerc » ! Pourquoi pas Jules Maigret, Hercule Poirot ou George Smiley, pendant qu’il y est ?

Un polar palpitant sur la Grande crise

Or, figurez-vous qu’il y a chez ce diable d’homme un peu de tous ces trois personnages-là : le commissaire de Simenon, le détective d’Agatha Christie, la « taupe » de John le Carré. À chaque fois, je reste pantois devant la qualité, la richesse, le nombre d’informations qu’il est capable d’aller nous dénicher dans les arcanes des milieux financiers.

Car un de ses domaines de prédilection — j’espère qu’il va aussi nous sortir un jour sa saga sur la tragédie radioactive de Fukushima –, c’est la finance en déroute, les petits stratagèmes des maîtres du monde en perdition, la bêtise crasse des « spécialistes » imbus.

Ah, cette manière qu’il a de nous reconstituer l’acrobatique mécano avec tout son bric-à-brac accumulé de pièces impossibles ! Le pire, c’est qu’à la fin on comprend tout de l’intrigue. On voit comment le grand machin financier fonctionne, se dérègle et va inexorablement se casser la margoulette.

Les intrigues de François Leclerc, ce n’est pas de la sorcellerie ou de la divination fumeuse, rien que de la mécanique implacable. Un polar de première sur la « Grande perdition » d’un système à bout de souffle. Un thriller haletant pour les vacances prochaines de ceux qui ne veulent pas mourir idiots. Et ruinés sans avoir compris pourquoi.

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