Adriano Celentano : le monde est toujours aussi mauvais… mais la musique est bonne !

Adriano Celentano fut un chanteur célèbre dans les années soixante. Beaucoup de ceux qui le connaissaient mal le considéraient comme un aimable hurluberlu, genre rocker spaghetti déjanté (c’est ainsi qu’il apparaît dans la Dolce Vita de Fellini en 1960). Et pourtant…

Adriano Celentano n’est pas seulement connu comme chanteur fantasque, mais aussi pour des prises de positions politiques et écologiques pour le moins musclées qui ont toujours fort dérangé l’intelligentsia italienne mainstream.

En 2012, après dix-huit ans d’absence, Adriano Celentano, qui en avait alors 74, donna deux concerts d’adieu mémorables dans les arènes de Vérone, pleines à craquer d’un public déchaîné, tous âges confondus. Afin que le spectacle soit accessible au plus grand nombre (chômeurs, étudiants, retraités…), Celentano imposa de mettre, à chaque représentation, 6 000 places au prix symbolique d’un euro.

Un plaidoyer fervent en faveur de la décroissance, lu par deux acteurs lyriques, introduisait les deux shows. Ceux-là furent diffusés en direct par la chaîne de télé italienne Canale 5. On trouve un montage vidéo du spectacle complet sur le Net. Sans blague, les une heure cinquante minutes et trente quatre secondes du concert valent vraiment le coup d’être vues en entier. Rien à jeter.

Pour les pressés, voici un extrait emblématique saisi à la transition entre la première et la seconde ous donner l’ambiance de cette chanson, voici la traduction en français de son début :

Je prends le journal
Et je lis
Que la justice n’est pas de ce monde
Le monde est-il toujours aussi mauvais ?
Eh bien oui
Nous sommes
En train de ruiner
Ce chef d’œuvre
Suspendu dans le ciel
Aïe aïe aïe aïe aïe aie !

Je lis que
Sur la terre
Il y a toujours
Une guerre
Nous marchons sur la lune
Alors qu’ici il y a la faim
Aïe aïe aïe aïe aïe aie ! …

Le reste à l’avenant ! Avouez, non seulement les paroles — comme la musique — n’ont pas vieilli, mais sont presque encore plus d’actualité aujourd’hui qu’à l’époque où la chanson fut écrite, en 1966.

Aïe aïe aïe aïe aïe aïe !

Allez, Adriano, chiche qu’en 2018, tu reviennes à Vérone fêter avec autant d’allant tes quatre-vingt berges ! On y sera, cré vingt dioux, même avec nos cannes ou nos déambulateurs !

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